Résidence

Vendée
Situation du lieu.

Les Sables-d’Olonne selon toute vraisemblance, le journal écrivant seulement « Les Sables ». La famille y possède une maison neuve, boulevard de l’Ouest, entre le remblai et le port.

Identification probable : elle repose sur les recoupements exposés ci-dessus.

Au fil du journal

  • 22 juillet 1917 — Départ prévu dans une quinzaine ; nouvelle maison pas encore habitée.
  • 23 juillet 1917 — La maison se trouve sur le boulevard de l’Ouest, à mi-chemin du remblai et du port.
  • 13 septembre 1917 — Séjour décrit comme agréable mais un peu monotone : marché le matin, plage l’après-midi, souvent un bon bain. Chambre claire donnant sur le boulevard, vue sur le chenal et un peu de mer.
  • 31 août 1918 — Un navire américain d’une centaine de mètres, camouflé pour la traversée, entre dans le bassin à flot — « le vaisseau le plus important que Les Sables aient jamais reçu ».
  • 3 septembre 1918 — On raconte que les Américains veulent en faire un port d’importation de charbon, outillé pour 60 000 tonnes par mois : « pourvu qu’ils ne noircissent pas trop la ville… »
  • 9 mars 1920 — Réinstallation hors saison, « sans autre incident qu’un combat acharné de Maman contre une nichée de souris qui s’étaient emparées de la baignoire ». La ville d’hiver est « une ville nouvelle, très différente de la ville d’été » : l’activité se concentre sur le port et le marché.
  • 21 août 1920 — Concert de musique classique au Café de la plage ; en revenant du dentiste, Andrée s’arrête à l’église où quelqu’un joue de l’orgue, « et c’était si beau que je serais restée longtemps à écouter ».
  • 6 août 1921 — « Parfois les accents du jazz du Casino viennent jusqu’à nous, mais cela paraît bien médiocre auprès du chant murmuré de la mer. »
  • 9 août 1921 — Le maréchal Pétain arrive en rade sur un contre-torpilleur avec les généraux Buat et Guillaumat et l’amiral Lacaze. « Nous avons salué le Maréchal et il nous a répondu de la main. » Le soir, la foule se rassemble pour le voir dîner à l’hôtel de la Plage.
  • 30 août 1921 — L’escadre de la Méditerranée mouille en rade. Andrée visite le cuirassé « Provence » : « du pont, la vue était splendide, d’un côté sur le large, de l’autre sur la baie et toute la côte ».
  • 12 mars 1923 — Une Mission de trois semaines : sermons chaque soir, « il y avait foule, et il était émouvant de sentir l’assistance vibrer aux paroles du prédicateur ».
  • 23 août 1923 — Fête d’aviation sur la plage, « avec un saut en parachute de 400 mm ».
  • 11 janvier 1924 — Un raz-de-marée dévaste la côte atlantique « de Quimper à Biarritz ». La grande jetée est atteinte, le brise-lames démoli, les chantiers détruits ; « les vagues s’élevaient paraît-il à la hauteur d’un second étage. Un bateau s’est perdu avec six hommes, tous pères de famille. »
  • 18 février 1924 — Un mois plus tard : « depuis le raz de marée, la côte est méconnaissable ».
  • 16 août 1924 — Conférence de Claude Farrère au Casino sur la femme turque, « c’était intéressant, finement dit, amusant ».
  • 26 juillet 1936 — L’emploi du temps des vacances : « chaque matin, une fois les enfants partis sur la plage sous la garde de grand-mère, je vais faire le marché, j’aime bien cela ».
  • 31 juillet 1936 — L’arrivée d’un charbonnier de Belfast : « attirés par la sirène, les enfants sont venus, je les ai menés jusqu’au quai, et tous trois suivaient avec ravissement le glissement du bateau ».
  • 23 août 1939 — L’écart entre le décor et la nouvelle : « si ce n’avait pas été cette angoisse, nous aurions eu une journée délicieuse aujourd’hui ; la mer était si belle, le ciel si pur, la plage si gaie ! »
  • 1er septembre 1939 — Premier soir de défense passive : « à dix heures toutes les lumières doivent être éteintes, exercices de défense passive ; je reviens du Remblai, c’est lugubre, et pourtant il y a des promeneurs ! »
  • 29 mai 1941 — Retour dans la maison réquisitionnée : « pour la première fois depuis octobre, avons pu pénétrer seules dans cette maison qui a été la nôtre pendant vingt-cinq ans et où, jusqu’ici, nous n’étions plus chez nous. Pendant que Maman rangeait et triait dans la cave la vaisselle cassée… »
  • 19 juin 1941 — « La mer était idéalement belle… il faut dire que cette année les Allemands seuls profiteront de cette splendeur. »
  • 2 mai 1943 — La maison est vidée : « Jacques et Jean sont allés aux Sables déménager la maison, et mercredi matin nous avons réparti les meubles ».
  • 8 juillet 1943 — « Les Allemands ont repris la maison des Sables et la transforment à leur goût ! »
  • 17 juin 1945 — Le retour dans la maison rendue par les Allemands : « nous avons emménagé deux chambres, qui seront bien un peu encombrées, mais dans lesquelles nous pourrons tout de même vivre ».
  • 1er juillet 1945 — « On peut évidemment vivre, mais cela sans confort ni beaucoup d’agrément, à part les bons moments passés sur la plage. »
  • 8 août 1945 — « Je termine la cuisine, et juste le gaz vient d’être coupé ; il y en a bien peu actuellement et c’est un problème pour préparer quelque chose. »
  • 14 juillet 1946 — Second été après le départ des Allemands : « nous avons retrouvé nos deux petites chambres au-dessus du garage et notre cuisine-salle à manger-fourre-tout à la cave ! »
  • 9 octobre 1946 — L’automne à attendre les ouvriers : « ils s’étaient annoncés pour 7 heures, à 7 heures, Thérèse et moi étions levées et en attente, et personne n’est venu ».
  • 16 juillet 1948 — Un été enfin détendu : « c’est d’ailleurs assez reposant de n’avoir que deux enfants ici ».
  • 24 septembre 1948 — Un arrière-saison volé : « nous allons sur la plage le matin vers 10 heures, et y repartons presque aussitôt déjeuner, pour rentrer vers 6 heures et demie ».
  • 26 novembre 1948 — Une journée d’hiver pour fermer la maison : « surtout fermer le service d’eau en prévision des gelées qui peuvent venir ».