Trois échelles de lecture. Chaque renvoi pointe vers le texte intégral.
Résumé de l’année
Cent deux entrées, régulières d’un bout à l’autre, sans un seul silence de plus de trois semaines. L’année tient en deux mois d’exception et dix mois ordinaires.
Les deux mois d’exception sont Lyon, de fin avril à la mi-juin : Andrée et Jacqueline sont reçues chez leur tante Jeanne, dont le mari est en garnison. C’est le séjour le plus léger de tout le journal — le bal de l’X, les Ballets russes au Grand Théâtre, le musée des Tissus, les assises par curiosité, et une soirée à Villeurbanne qui se termine par sept kilomètres à pied faute de tram, « le retour a été très gai ».
Les dix mois ordinaires sont ceux de la Vendée : une Mission de trois semaines aux Sables en mars, la clôture de celle du Poiré en avril, l’été à la plage. Et quatre morts, dont trois de femmes jeunes — Tante Octavie, Mme Robert emportée par une typhoïde comme sa fille Simone trois ans plus tôt, Gabrielle. Andrée les note brièvement, sans s’y attarder, et la note du 9 juin devant les momies du musée Guimet en dit plus long que ses phrases de deuil : « on a peine à croire que ces corps desséchés ont vécu. Où sont les âmes ? »
Le 18 juillet, la T.S.F. arrive à la mairie du Poiré, « avec le clocher comme antenne ».
Résumés de période
L’hiver et les Missions — janvier à avril
Tante Denise arrive au Poiré pour plusieurs mois le 8 février. Aux Sables, une Mission de trois semaines à partir du 12 mars : sermons chaque soir, « il y avait foule, et il était émouvant de sentir l’assistance vibrer aux paroles du prédicateur » ; l’Amende honorable du 22 mars se fait sous une immense croix de fer illuminée, « soulignée du mot Pardon ». Au Poiré, la clôture de la Mission le 1<sup>er</sup> avril : procession au Calvaire, bourg pavoisé, houx et guirlandes le long de la route, des escouades d’hommes portant le Christ tour à tour. Le 24 avril, mort de Tante Octavie ; Andrée était passée le matin même prendre de ses nouvelles.
Les deux mois de Lyon — fin avril à la mi-juin
Arrivée à Perrache après une nuit de train le 27 avril. La ville lui plaît sans l’emporter : « belle, animée, bien bâtie, peut-être un peu trop triste à cause de la teinte sombre des monuments ». Le musée des Tissus le 1<sup>er</sup> mai — « on resterait à rêver, évoquant ceux qui les portèrent » — les assises le 4 mai, le bal de l’X le lendemain, les Ballets russes le 29 mai : l’Après-midi d’un faune et Shéhérazade, « c’était un enchantement ». La soirée de Villeurbanne le 12 juin ferme le séjour.
Le retour et l’été — juin à septembre
« Le séjour à Lyon paraît loin ; il en restera cependant de bien charmants souvenirs » (21 juin). La T.S.F. au Poiré le 18 juillet : un solo de flûte, puis l’orage qui brouille tout. Aux Sables, une fête d’aviation sur la plage le 23 août, « avec un saut en parachute ». Le 4 septembre, la mort de Gabrielle.
L’automne — octobre à décembre
Les entrées s’espacent un peu — huit en octobre, neuf en novembre, six en décembre — sans que rien de saillant les occupe. Le cahier se ferme le 30 décembre.
Entrées notables
- 22 mars — L’Amende honorable aux Sables, sous la croix de fer illuminée.
- 1<sup>er</sup> avril — La clôture de la Mission au Poiré, la plus longue description de cérémonie du journal.
- 24 avril — Tante Octavie sur son lit de mort, « si apaisée… sa pauvre mère était assise au pied du lit, priant et pleurant ».
- 4 mai — Une journée aux assises, par curiosité.
- 17 mai — Mme Robert meurt d’une typhoïde, « comme Simone ».
- 29 mai — Les Ballets russes au Grand Théâtre de Lyon.
- 9 juin — Les momies du musée Guimet : « Où sont les âmes ? »
- 12 juin — Sept kilomètres à pied après la soirée de Villeurbanne, et l’on cause jusqu’à trois heures.
- 18 juillet — La T.S.F. arrive au Poiré : « c’est fantastique, et on demeure rêveur en songeant à cet instrument qui joue si loin ».