Politique — 1938-09-03 au 1938-10-03

Conflit : La menace qui monte (1933-1939)

Impliqués : Jacques Dugast, Les Sables, Le Poiré-sur-Vie

Récit

  • 3 septembre 1938 — Écrit depuis la plage : « le temps était idéalement beau… et au milieu de toute cette splendeur, de cette tranquillité de la nature, j’avais le cœur si plein d’angoisse ! peut-être aurons-nous la guerre d’ici peu de jours ; les Allemands massent des troupes de l’autre côté du Rhin ! »
  • 6 septembre 1938 — « Deux jeunes gens qui se sont mariés ce matin ont dû rejoindre leur poste dès ce soir. »
  • 13 septembre 1938 — « Ce sont des jours qui comptent double, et que seront les jours suivants ? »
  • 14 septembre 1938 — Un soir de septembre dans le jardin : « il y avait une telle douceur, une telle beauté… comment les hommes peuvent-ils songer à se battre quand tout est si paisible et que le bonheur serait si simple. »
  • 24 septembre 1938 — Mobilisation partielle : « on voit partout des visages anxieux, des femmes en larmes. L’affiche de mobilisation générale va bientôt arriver. »
  • 28 septembre 1938 — « Depuis samedi nous ne vivons plus, nous sommes dans l’attente de toutes les choses atroces qui peuvent arriver. » On conseille aux civils de quitter Lyon ; la famille lyonnaise arrive se réfugier au Poiré, et l’oncle de Paris téléphone pour savoir s’il peut envoyer les siens.
  • 28 septembre 1938 — « Bretaudeau vient de prévenir Jacques d’avoir à faire son plein d’essence, tout sera réquisitionné. »
  • 29 septembre 1938 — L’accord signé dans la nuit : « ne nous réjouissons pas trop tôt, tout n’est pas terminé, mais il y a maintenant de grandes chances pour que la paix nous soit rendue… À trois heures, je me suis rendue à l’église, pas mal de femmes et d’enfants s’y sont rendus et nous avons récité un chapelet. »
  • 1er octobre 1938 — Le message radiodiffusé de Pie XI : « une voix de vieillard, brisée par l’émotion ; la dernière bénédiction a été donnée dans un sanglot. »
  • 1er octobre 1938 — « Enthousiasme chez tous les peuples, chacun s’imagine que la paix est due à son Premier, cela n’a pas d’importance, pourvu que nous la tenions. »
  • 3 octobre 1938 — Le retour à l’ordinaire : « il redevient possible de faire des projets, de s’intéresser aux mille petites choses de la vie quotidienne : un rangement de livres, la remise en état des chaussettes d’hiver, la gelée de coings à confectionner, la cuisson de ces beaux cèpes que l’on nous apporte chaque jour. »
  • 11 novembre 1938 — Vingt ans après l’Armistice : « je revis si nettement cette minute bienheureuse où l’annonce de l’armistice fit bondir de joie tous les cœurs ! Il faisait un temps clair et doux, comme celui d’hier. Aujourd’hui il pleut ! Vingt ans déjà ! Et nous avons failli vivre des angoisses bien pires que celles déjà vécues ! »