Trois échelles de lecture. Chaque renvoi pointe vers le texte intégral.

Résumé de l’année

L’année qui commence par une catastrophe et se termine par une incise.

La catastrophe est le raz-de-marée du 9 janvier, qui dévaste la côte atlantique « de Quimper à Biarritz ». Aux Sables, la grande jetée est atteinte, le brise-lames démoli, les chantiers détruits, « les vagues s’élevaient paraît-il à la hauteur d’un second étage » ; un bateau se perd avec ses six hommes, tous pères de famille. Un mois plus tard, « la côte est méconnaissable ».

L’incise est du 26 septembre : « Jeudi, pluie toute la journée, reçu la visite de M. Dugast de Luçon, puis de Mme Loizeau. » Rien de plus. Mais l’entrée porte en titre « visite de M. Dugast de Luçon » — ce qui laisse penser qu’Andrée, ou sa transcriptrice, a relu cette page plus tard en sachant ce qui allait suivre. C’est la première apparition de celui qu’elle épousera l’année suivante.

Entre les deux, un printemps politique qu’elle suit de près et commente sans détour — les élections de mai, la démission de Poincaré, celle de Millerand, le programme d’Herriot qu’elle juge « très rassurant » avec une ironie qui lui ressemble peu. Un second séjour à Lyon au printemps, un été aux Sables avec Maud Touzain, et les fiançailles de Jeanne Aubin : « encore une qui suit sa voie. »

Résumés de période

Le raz-de-marée — janvier et février

Le 11 janvier, Andrée écrit ce qu’elle apprend du désastre. Le 27 janvier, Tante Victor fait une congestion cérébrale, est administrée et veillée toute la nuit — puis se lève au matin, guérie : « à 89 ans, elle est étonnante ». Le 8 février, Jacqueline part pour Paris : « la maison est silencieuse sans son piano et je regrette nos promenades ». Le 14 février, la famille va « constater les dégâts » le long du Remblai.

Lyon, la Foire et Enesco — mars et avril

Six semaines lyonnaises. La Foire le 13 mars : « un monde fou et une agitation débordante… le stand de la soierie, une vraie joie pour les yeux ». Le 6 avril, par curiosité, elle assiste à un office protestant et en ressort renforcée : « un beau sermon sur les souffrances du Christ, très beau, mais trop humain… Jamais je ne me suis sentie plus catholique ! » Le 11 avril, un second concert d’Enesco, deux ans après celui de Paris.

Le printemps politique — mai et juin

Elle suit l’année parlementaire semaine après semaine, de la veille du scrutin — « que donneront les élections qui ont lieu dimanche ? Dieu protège la France » — à la formation du Cartel. Le 5 juin, la démission de Poincaré : « que Dieu ait pitié de notre malheureux pays. Le sang de tant de morts ne peut avoir été versé en vain. » Entre deux communiqués, l’excursion en convoi à Mervent le 4 juin, et le piano neuf de Jacqueline le 27 juin.

L’été des Sables — juillet à septembre

Leçons de violon avec M. Hardy, qui « fait travailler ferme ». Lectures sur la plage : L’Équipage de Kessel, dont elle découvre le 14 juillet que le héros a existé et qu’il est mort à vingt-quatre ans ; Arènes sanglantes de Blasco Ibáñez, « toute l’Espagne m’entourait et les airs de Carmen chantaient dans ma tête ». Une conférence de Claude Farrère au Casino. Et Maud, centre du petit groupe de l’été, qui sera la seule à venir la conduire à la gare.

L’automne — octobre à décembre

Retour au Poiré. Les entrées restent régulières, sans épisode marquant, jusqu’au 28 décembre.

Entrées notables

  • 11 janvier — Le raz-de-marée, et le bateau perdu avec ses six hommes.
  • 27 janvier — Tante Victor administrée à quatre-vingt-neuf ans, et guérie au matin.
  • 6 avril — L’office protestant : « jamais je ne me suis sentie plus catholique ! »
  • 5 juin — La démission de Poincaré.
  • 18 juin — Le programme d’Herriot, « très rassurant ».
  • 27 juin — Le piano neuf à l’épreuve : Beethoven, Saint-Saëns, Mendelssohn, Chopin, Grieg.
  • 14 juillet — Le capitaine Thélis a existé.
  • 23 septembre — Les fiançailles de Jeanne Aubin : « encore une qui suit sa voie ».
  • 26 septembre — « Reçu la visite de M. Dugast de Luçon. »