Texte intégral de la retranscription d’Anne Dugast. Aucune correction n’a été apportée à l’orthographe, à la ponctuation ni aux dates. Les … sont les coupures de la transcriptrice.

Ce fichier source porte également l’introduction d’Anne Dugast.


Le Poiré – 20 juillet 1917

Il est environ deux heures, je suis assise à mon bureau dans notre chambre et je suis bien tranquille ; le temps est gris mais lourd et nuageux ! Nous avons eu aujourd’hui à la maison la cérémonie de l’Intronisation au Sacré Cœur ; grand mère, nous avait demandé de communier pour elle …Marguerite et Charlotte sont restées un moment à la maison, nous avons fait un peu de musique… Pendant la matinée, j’ai aidé Sœur Agathe à la décoration de la chambre, nous avons disposé une tenture rouge piquée d’œillets roses et de grandes marguerites, le tableau assez beau représentant le Sacré-Cœur est placé sur un coussin, de chaque côté sont disposés des vases de fleurs et des candélabres.

22 juillet

…Sœur Agathe étant partie en retraite, Maman est très occupée près de grand-mère qui a été il y a une dizaine de jours sérieusement malade d’une crise d’urémie. Nous partons aux Sables dans une quinzaine, je crois qu’oncle Eugène et Madeleine viendront nous y retrouver.

Avant-hier, nous sommes allées chez Tante Victor au Parc, elle nous a raconté toutes sortes d’histoires plus étonnantes les unes que les autres, après m’avoir répété pour la cinquantième fois « Tu as grandi encore, tu seras comme ma nièce Clara, elle était la plus petite de sa Communion et elle a grandi l’année de son mariage ! » Puis elle nous a raconté, en faisant une salade de tout, que Guillaume avait peur d’Holopherne et qu’il avait télégraphié au Pape de renvoyer le « général » Mercier ! «  Mercier ou Nivelle l’un ou l’autre » mais le Pape n’a pas renvoyé le général « non le cardinal » Mercier, nous avons cru mourir de rire !

Lundi 23 juillet

Dans quelques jours nous partirons aux Sables, je n’ai pas encore habité notre nouvelle maison mais je crois que je m’y plairai. Nous pourrons nous promener facilement la maison se trouvant sur le boulevard de l’Ouest à mi-chemin du remblai et du port.

Grand’mère ne va décidément pas bien, sa dernière crise d’urémie l’a beaucoup fatiguée, elle était encore assez forte quand nous l’avons quittée en octobre, mais à la Pentecôte, je l’avais déjà trouvée changée, elle s’est voûtée, elle marche difficilement, je ne sais pas si nous la garderons longtemps.

Mardi 24 juillet

…Papa s’est décidé à changer l’auto qui avait décidément besoin de trop de réparations. Sorin nous amènera demain une Chenard quinze chevaux, presque neuve, avec sept places…

25 juillet

…Ce matin, nous avons eu une carte d’Henri et une de Françoise, à Billonner ? ? ?, Tout le monde va bien, la petite a été mise pour la première fois en robe et en culotte.

Jeudi 26 juillet

Nous avons reçu ce matin une lettre de Giromagny, la fièvre muqueuse de Lucie s’est aggravée, son état est très grave, mais non encore désespéré !

Lundi 30 juillet

Hier, journée d’émotions. Le soir je remarque que les roses de la salle à manger étaient fanées, je sors pour les jeter et je jette en même temps l’eau du vase sur l’herbe à côté de moi, soudain j’aperçois, tout près, un serpent assez gros qui remuait terrifié, je me suis sauvée en criant à la maison, Mariette brandissant la pelle à feu s’y est précipitée suivie de Guillaume et ils sont revenus avec une grosse couleuvre : « Madame, c’est une serpente » ! …Nous avons fini par bien rire ! … Enfin hier soir, nous étions assises avec Marguerite le long de la route, un ivrogne s’est précipité sur nous en criant « N’ayez pas peur ! . Nous nous sommes sauvées !

Mardi

Note éditoriale. Date établie par l’éditeur : mardi 31 juillet 1917, première occurrence de ce jour après l’entrée précédente.

L’oncle Aristide est mort !

Nous avons été hier chercher sœur Agathe à Belleville pour essayer l’auto neuve… J’ai fini de lire « Les Patins d’argent »

2 Août

Il pleut dans la cour, le vent secoue les marronniers, la pluie ruisselle le long des vitres, on dirait que la nature se met en deuil, à l’unisson des cœurs, pour célébrer un bien triste anniversaire. Il y a trois ans ! La mobilisation ! toute la famille, sauf nous deux, était à Saint Gilles chez Oncle Gaston, le soir toutes les cloches sonnèrent, on placarda devant la poste une grande affiche, c’était fini, il n’y avait plus d’espoir ! La mobilisation ! , ce mot volait, répété de bouche en bouche, les cloches tintaient le glas de ceux qui ne devaient pas revenir, les femmes pleuraient ! et à l’est, se déployait un merveilleux arc-en-ciel, l’arc du triomphe de la France, disions-nous… Nous étions tristes et cependant pleines d’espérance, ce sera fini dans quelques jours, disions-nous ! puis nous songions que ce serait la délivrance de l’Alsace. Nous ne pouvions pas savoir ce qu’était la guerre ! Nous avions passé nos vacances à tricoter pour les blessés, nous portions toutes la cocarde tricolore ! Que cela est loin ! Je n’aurai jamais cru que trois ans de guerre ne suffiraient pas ; et après la Marne, l’Yser, la bataille des Flandres, Verdun et Craonne, je me retrouve à la bataille de Belgique, dans cette même chambre où j’avais tant prié avec Françoise pour que la guerre n’éclate pas…

Vendredi 3 août – 6h et demi

…IL y avait au courrier une lettre de Tante Denise nous annonçant que Lucie est maintenant hors de danger, elle a eu une forte typhoïde, par contre Solange a échoué à son brevet…

Samedi 4 août

…Nous partons mardi pour les Sables, oncle Eugène et Madeleine nous y rejoindrons bientôt.

Lundi 6 août

Le pauvre cousin Guesdon est mort ce matin, étouffé par une hémorragie, l’enterrement est mercredi à deux heures, si bien que notre départ aux Sables se trouve retardé ! quelle déveine !

10 août

Nous partirons tout de même demain, j’ai aidé Maman à faire quelques préparatifs ; toute la journée, Jacqueline a ressassé sur son piano une Danse marocaine de je ne sais qui, un Nocturne de Field et une Marche militaire de Schubert.

13 septembre

Plus d’un mois sans rien écrire, il est vrai que nous revenons à peine des Sables où nous avons fait un séjour bien agréable. Oncle Eugène et Madeleine ont passé plusieurs jours avec nous… nous avons organisé une pêche au marais avec les Gendreau et Dodin…

Notre temps s’est passé de façon agréable mais un peu monotone, le matin le marché, l’après-midi la plage, souvent un bon bain, je me suis beaucoup plu aux Sables, j’habite une grande chambre claire et gaie donnant sur le boulevard, de ma fenêtre j’aperçois le chenal et même, par dessus les toits, un peu de mer…

Vendredi 14 septembre

Le petit Chailloux est mort cette nuit à 3 h., Sœur Agathe était à le veiller, l’enterrement est dimanche. Toujours pas de nouvelles de cette pauvre Lucie, depuis la dépêche reçue aux Sables, que Tante Denise doit être ennuyée toute seule à Giromagny, je ne sais pas si Maman pourra s’y rendre à cause de la longueur du voyage et de la difficulté d’obtenir des passeports. On dit que notre grand aviateur Guynemer a disparu…

17 septembre

…Maman compte partir ces jours-ci pour Giromagny, cela nous inquiète. Les gares et les trains sont souvent bombardés…

L’enterrement du petit Chailloux a eu lieu tout à l’heure, ses parents et ses soeurs étaient bien peinés, cela fait le quatrième enfant qu’ils perdent et l’on songe à ce pauvre Edmond, disparu près de Sedan depuis août 1914

18 septembre

…Le brouillard m’a rappelé notre dernière bonne soirée aux Sables…en rentrant nous avons trouvé à la maison une dépêche de Tante Denise disant que Lucie était très fatiguée, et demandant à Maman de venir, et Maman est partie ce matin, elle doit coucher à Paris et en repartir demain matin vers 8 h. et sauf imprévu, elle peut être à Giromagny à 5 heures et demi, mais il est possible qu’on l’arrête en route pour ses papiers et tout cela peut la retarder.

Samedi 22 septembre

La dépêche nous est parvenue, donc, Maman est arrivée sans encombre !…

Lundi 24 septembre

Hier matin, au courrier, nous avions une lettre de Maman, Lucie va un tout petit peu mieux, la fièvre a légèrement baissé, elle s’alimente avec des crèmes, des glaces qui lui font prendre encore assez d’œufs, mais le cœur bat toujours aussi vite et Maman ne parle pas de revenir. Nous avons été déjeuner chez Tante Abel avec Oncle Logerie et avons mangé un fameux cuissot de chevreuil auquel Sœur Agathe grillait d’envie de goûter… Nous avons reçu ce matin une lettre de Françoise, contenant deux photos de Menine, prises le jour de ses quatre mois.

mardi 25 septembre

Nous sommes donc allées hier à Sainte Radegonde, départ à 10h. avec nos provisions et nos ouvrages… nous avons bien déjeuné, au dessert, Sœur Agathe veut déboucher une bouteille de limonade : « vous allez voir comme je la débouche bien » Pouf ! le bouchon saute plus haut que la chapelle, et voilà Sœur Agathe inondée et attrapée ! nous avons bien ri.

Sainte Radegonde est une chapelle ancienne bâtie sur les fondations successives de deux chapelles plus anciennes encore ; c’est là que la tradition place le miracle des avoines, la chose n’est pas assurée, mais la coutume est restée d’apporter de l’avoine en offrande ; la chapelle est bâtie dans un pré, tout à côté est un vieux puits ombragé d’un sapin ; la statue de Sainte Radegonde est assez curieuse, elle porte une couronne royale sur un voile de religieuse et sur sa robe de bure grossière est posé un manteau fleurdelisé.

Dans l’après-midi nous nous sommes amusées, nous avons travaillé, dit des bêtises pour faire enrager Sœur Agathe, fait brûler des cierges et récité un rosaire. Nous avons goûté vers 4 heures, puis sommes revenues.

Mercredi 26 septembre

Nous avons eu hier la visite de Berthe et d’Anne-Marie Bélaubre…je crois qu’Anne-Marie n’est pas très enthousiasmée de rentrer dans la classe de Mlle Pouzet, moi non plus du reste…

Je me suis aménagé à défaut d’une chambre un petit coin à moi dans la salle à manger. Cette pièce est assez grande, éclairée par deux fenêtres, meublée comme autrefois : une grande table de famille, des chaises provenant du salon de ma trisaïeule, deux buffets plus commodes qu’élégants, une cheminée très garnie. J’ai installé dans la fenêtre donnant sur le jardin une chaise basse, une corbeille contenant mes livres ; le rebord de la fenêtre me sert de table quand je dessine, je m’y trouve tout à fait bien, et la disposition de cette fenêtre, qui occupe un renfoncement assez profond entre les deux buffets, me donne tout à fait l’illusion d’être chez moi.

Jeudi 27 septembre

Comme la date de la rentrée vient vite, encore quelques jours et nous serons « en boite »…Cette année m’effraie plus que les autres car il y a la perspective de brevet au bout…

Nous avons reçu ce matin une lettre de Maman, Lucie ne va pas mieux du tout, le traitement ne donne plus guère de résultat, le médecin pense que Lucie a une endocardite infectieuse et il a bien peur que l’infection s’étende dans tout le sang, nous n’avons plus d’espoir de la sauver mais la maladie peut se prolonger encore quelque temps et Maman ne parle pas de revenir bientôt !

Vendredi 28 septembre

Hier, dans l’après-midi, une partie du régiment de La Roche est venu camper ici, nous devions loger un lieutenant et un sergent, il a fallu préparer les chambres, tout installer, mais le sergent est venu seul, le lieutenant étant resté au cantonnement avec les hommes…

Les vendanges s’avancent, c’est presque à chaque instant que je vois passer des charrettes chargées de tonneaux. Dans le jardin, les pommiers et les pruniers plient sous le poids des fruits, nous les ramassons pour en faire du cidre ou pour préparer notre provision d’hiver.

Samedi 29 septembre

Rien de très nouveau…si ce n’est quelques petites piqûres, quelques froissements de la part de certaines personnes de notre entourage immédiat, l’énonce de leurs goûts, fait l’autre jour devant moi, m’a intérieurement révoltée, et, tous bas, je les plaignais ! pour elles, rien n’existe en dehors de certains papotages et cancanages du bourg, en dehors de leur ouvrage manuel et de quelques satisfactions de gourmandise ; la contemplation de la nature, la musique, toute manifestation d’art sont pour elles lettre morte, elles paraissent s’intéresser à ce que certaines autres aiment, mais je crois qu’au fond tout cela les laisse parfaitement indifférentes…

Rien encore de Maman, je me demande ce que devient Lucie

Hier soir, nous sommes allées Marguerite et moi jusqu’au pont de la Bardinière, avant le dîner… et nous avons causé tout le temps de Chavagnes et des élèves…

Dimanche 30 septembre

J’aime la maison comme une vieille amie, il m’est doux, en rentrant de promenade, d’apercevoir la grille, les marronniers qui encadrent le portail, les massifs de sauge, d’hortensias et de volubilis, les lilas, les arbres familiers, les bâtiments de la ferme à côté et la maison avec ses marches fleuries de géraniums, ses fenêtres ouvertes, si gaies, si accueillantes !…

Au courrier, ce matin, une lettre de Maman et une d’Henri ; Lucie ne va pas mieux, l’infection passe dans le sang ; Henri est arrivé à destination, en Autriche, à quelques kilomètres du front.

La nouvelle de la disparition de Guynemer est officiellement confirmée, c’est une grande perte pour la France, il avait 23 ans, le grade de capitaine, la légion d’honneur, 53 avions boches au tableau ; nous l’avions vu au cinéma, il avait une physionomie très sympathique. Nungesser, le second as, n’a abattu que 30 boches.

Mardi 2 octobre

…Demain, nous allons partir [à Chavagnes]

Lundi 24 décembre

Trois mois de passés !… Je suis cette année, ainsi que Charlotte, au brevet chez Mlle Pouzet, nous sommes quatorze, huit pensionnaires : Anne-Marie Bélaubre, Juliette Gouyer, Jeanne de Lajartre, Simone Robert, Anne Le Tilly, Marie-Paule Béger, Charlotte et moi, deux demi-pensionnaires…, quatre externes… Nous avons beaucoup de travail, beaucoup de leçons, nous faisons chaque semaine un examen d’épreuve, chaque mois un examen d’excellence, nous avons le jeudi une leçon de coupe et le samedi une leçon de dessin. Ces trois mois se sont passés en somme assez vite, et même assez gaiement, car je m’amuse beaucoup avec le cours complémentaire, et avec tout mon travail, je n’ai pas le temps de m’ennuyer !

Jeudi 27 décembre – 6heures et demi du soir

Quelles tristes vacances nous passons, nous qui comptions si bien nous amuser… nous étions si joyeuses de partir et si loin de penser que pareille chose puisse arriver ! Depuis dimanche, grand’mère n’est pas bien du tout, elle a une de ses crises d’urémie maintenant si fréquentes ! dès dimanche elle était très oppressée, Sœur Agathe a fait tous les remèdes prescrits : sangsues, ventouses, piqûres, mais ans grands résultat ! au contraire, l’état de grand’mère s’est aggravé le lendemain 24, elle s’est fatiguée à répéter toute la journée la fin de « l’Ave Maria » « Sainte Marie Mère de Dieu… » Vers le soir nous avons fait venir le docteur qui a déclaré qu’il n’y avait plus rien à faire, M. l’abbé Rabiller est donc venu apporter l’Extrême-Onction dans la nuit de Noël, bien triste veillée pour nous ! nous avons cependant été à la Messe de Minuit…

Le Matin de Noël, nous avons eu chacune quelques bonbons dans nos souliers, malgré sa maladie grand’mère y avait pensé et en avait chargé Sœur Agathe…après les Vêpres, l’état de notre pauvre malade s’est aggravé très rapidement et, de six à sept heures, elle a eu une agonie affreuse, avec des râles et des gémissements ! nous hésitions tous à aller dîner, mais voyant que la respiration devenait moins pénible et que le pouls était toujours fort, nous nous sommes tout de même décidées, laissant veiller Mlle Ordonneau et Tante Abel qui ne voulait rien prendre. Vers sept heures et demi… elle a toussé deux ou trois fois, cela a paru la soulager, elle a repris connaissance, a dit quelques mots et s’est endormie…Les deux journées d’hier et d’aujourd’hui n’ont pas été brillantes, bien que Grand’mère ait sa pleine connaissance… Maman va veiller cette nuit avec Tante Abel.

8 heures – Nous venons de dîner et sommes installés pour la veillée. Papa et Maman de chaque côté du feu, Jacqueline à genoux sur une chaise, les coudes sur la table, position très incommode… avant de m’installer ici, je suis allée dire bonsoir à grand’mère…j’ai bien peur que cette crise finisse mal, elle a été beaucoup plus forte que les autres… et puis Grand’mère a 78 ans !…

Vendredi 28 décembre – 6h.

…Au courrier, nous avions une lettre de Françoise à laquelle était jointe une photo qui la représente portant Menine et accompagnée de Dick, le chien que Mme Journot d’Olbreuse avait promis à notre chère petite Denise, Menine ressemble à Denise en bébé, il me semble.

Samedi 29 décembre – 6h. et quart

… Grand’mère va plutôt mieux…

Dimanche 30 décembre

..Après les Vêpres, nous sommes rentrées goûter, Grand’mère a eu quantité de visites, les Violeau de la Jamonière, Zénobie.., Mlle Ordonneau, l’Abbé Tenailleau et pour comble Sœur Agathe n’était pas là, Marguerite chez Tante Chailloux et il fallait qu’à nous trois nous recevions tout ce monde…En sortant l’Abbé dit à grand’mère : « Je prierai pour vous, Madame Potier ! » - « Monsieur l’Abbé, c’est tout ce que vous avez de mieux à faire ! ». Nous avons tellement ri que Sœur Agathe, arrivée sur ces entrefaites, nous a mises à la porte !

Lundi 31 décembre

Le dernier jour de l’année 1917…

Elle n’a pas été bien bonne … cette troisième année de guerre ne nous a pas apporté de changement s notables dans l’état de nos armées si ce n’est la défection de la Russie, elle nous a valu l’établissement de la carte du sucre et la fermeture des pâtisseries le lundi et le mardi, tant pis pour les gourmandes ! Pour nous, elle nous a apporté la naissance de Menine, la maladie de Lucie, celle de grand’mère !

…Mlle Chalard est venue ce soir un bon moment, nous l’avons reçue dans la chambre de grand’mère qui va un peu mieux, mais demeure toujours très assoupie.

Tante Chailloux prétend que Radégonde Gendreau est fiancée avec un jeune homme de Paris, dont le nom est encore inconnu. Qui vivre, verra !

..A l’année prochaine