Trois échelles de lecture. Chaque renvoi pointe vers le texte intégral.
Résumé de l’année
Cent trente et une entrées, presque une tous les trois jours : 1921 est l’année la mieux tenue du journal. Andrée a dix-neuf ans en septembre, et c’est l’année des mariages des autres. Sa cousine Andrée Chailloux se fiance en avril et se marie le 6 juillet ; sa cousine Marguerite se fiance en septembre. Andrée est demoiselle d’honneur, tient la maison, admire les toilettes — et le journal ne dit jamais qu’elle envisage la même chose pour elle.
L’année s’ouvre sur trois semaines d’immobilité, un pied enflé qui la retient au coin du feu avec les Lettres de Mme de Sévigné, et se ferme sur trois semaines d’automobile à travers le Poitou et le Berry. Entre les deux, un été aux Sables où le maréchal Pétain entre en rade sur un contre-torpilleur, où l’escadre de la Méditerranée mouille au large, et où Andrée visite le cuirassé Provence.
C’est aussi l’année où revient, plus insistante qu’ailleurs, la note qui traverse tout le journal : la solitude au milieu des siens. Les cousines parisiennes raillent la religion et la Vendée, les critiques pleuvent, et Andrée monte dans sa chambre avec un livre. « Je me sens souvent bien seule, et je n’ai personne avec qui je puisse parler de choses qui me sont chères. »
Résumés de période
Le pied et le coin du feu — janvier et février
Le mal au pied revient le 19 janvier et l’immobilise presque trois semaines : matinées au lit, après-midi au coin du feu, lecture, dessin, « c’est bien monotone ». Le médecin parle d’un traitement par rayons à La Roche ; elle sort en auto « sans mettre le pied par terre ». Première sortie le 6 février, pour aller voir Charlotte, toujours convalescente un an après sa maladie. Le 11 février, premier anniversaire de la mort de Simone Robert : Andrée quitte le salon trop bruyant pour l’évoquer seule.
Nantes, le pensionnat, les cousines — mars et avril
Concert à Nantes préparé chez Mme Houdbine. Retrouver le pensionnat lui fait du bien — « mes compagnes, si simples, si gaies, au lieu de parler comme ici de futilités et de toilettes ». Le 13 mars, enterrement de René Dorion, dix mois après sa sœur. Le 23 mars, les cousines parisiennes : « des paroles aigres-douces, perçantes comme des aiguilles ». Le 9 avril, un inconnu descend du train avec l’oncle Chailloux, et les cousines devinent avant l’annonce.
Le mariage d’Andrée Chailloux — mai à juillet
Fiançailles annoncées le 11 avril avant la grand-messe, mariage le 6 juillet, raconté le 8 juillet : deux jours d’allées et venues entre les maisons « pour voir les toilettes, le couvert », la messe où Jacqueline tient la musique, le déjeuner où tous les jeunes sont à la même table, les photographies dans le parc. Le 14 juillet, une visite des Mignen à Tante Abel se lit aussitôt comme « le préambule de la demande » : le tour de Marguerite est venu.
Les Sables : Pétain et l’escadre — août
Un mois de plage et de rade. Le 9 août, le maréchal Pétain arrive sur un contre-torpilleur avec les généraux Buat et Guillaumat et l’amiral Lacaze : « nous avons salué le Maréchal et il nous a répondu de la main ». Le 30 août, l’escadre de la Méditerranée mouille en rade et Andrée monte à bord du cuirassé Provence.
Trois semaines en automobile — septembre
Poitiers, Le Blanc, Châteauroux. Elle a dix-neuf ans à Poitiers le 11 septembre, visite la cellule de sainte Radegonde et la cathédrale « où l’on voit dans le mur du fond la trace des boulets anglais ». Au Blanc, la maison des grands-parents maternels : « mille riens qui font lever en moi des souvenirs d’enfance, tout est bien changé et grand’mère n’est plus là ». Le 16 septembre, l’auto tombe en panne après un orage et rentre à Châteauroux tirée par un cheval, « en une entrée triomphale ».
Fiançailles et fin d’année — octobre à décembre
Le 28 septembre, M. Mignen est présenté à la famille ; le mariage est fixé au mois de mai. Le journal reprend son rythme ordinaire jusqu’au 26 décembre.
Entrées notables
- 11 février — Un an après la mort de Simone Robert : « la peine est toujours là, et depuis je ne suis plus la même, j’ai perdu une partie de mon insouciance d’enfant ».
- 19 mars — Ce que le pensionnat lui rend, et que la maison ne lui donne pas.
- 23 mars — Les cousines parisiennes raillent la religion et la Vendée.
- 18 avril — Mère de Pérochon, prix Goncourt 1920 : « un roman très bien écrit, intéressant, mais aucune morale surtout chrétienne. L’héroïne finit par se suicider. »
- 26 avril — « Je me sens souvent bien seule, et je n’ai personne avec qui je puisse parler de choses qui me sont chères. »
- 30 avril — Les reproches de Tante Denise : « je suis montée me réfugier dans ma chambre où j’ai beaucoup pleuré ».
- 10 mai — L’enfant d’Armande Brachet, mort presque aussitôt né.
- 20 juin — « J’écoute tristement et me tais… aussi je m’isole dans la chambre avec un livre. »
- 6 août — « Parfois les accents du jazz du Casino viennent jusqu’à nous, mais cela paraît bien médiocre auprès du chant murmuré de la mer. »
- 9 août — Le maréchal Pétain en rade des Sables.
- 11 septembre — Ses dix-neuf ans, à Poitiers.
- 16 septembre — La panne, l’orage, et l’entrée dans Châteauroux tirée par un cheval.