Dans le journal : Jean · petit Jean · Bébé · mon petit chéri

Au fil du journal

  • 12 mars 1927 — Né à la clinique de Nantes après une intervention : « Vers 10 heures… le docteur Grosse a décidé d’intervenir et quelques minutes après notre petit Jean faisait son entrée dans le monde ! » Baptisé le même après-midi à Saint-Louis.
  • 12 mars 1927 — Premier portrait : « c’est un beau bébé, très vigoureux, très remuant, tout en mouvements et en petites grimaces adorables ».
  • 2 mai 1927 — « Il a souri à sa maman mercredi pour la première fois. »
  • 17 septembre 1927 — Six mois : « un enfant très éveillé, gai, souriant avec un petit air malin amusant au possible, il jase de tout son cœur, s’amuse avec ses petits jouets, dort à merveille ».
  • 23 septembre 1927 — Sevré au lait de chèvre après des mois d’entérite. « J’ai dû le sevrer tout à fait et cela m’a beaucoup coûté… il tend maintenant son petit bec vers le biberon. »
  • 11 décembre 1927 — « Il commence à dire papa ; pendant les repas, nous l’asseyons dans sa grande chaise et il veut attraper tout ce qu’il voit sur la table. »
  • 15 janvier 1928 — « La première dent est percée depuis mardi, c’est tout un événement. »
  • 25 mars 1928 — Il passe du berceau au petit lit : « j’ai lavé et rangé les garnitures, il m’en a coûté de défaire ainsi ces petits nids… j’espère que Dieu ne permettra pas qu’ils restent trop longtemps vides ».
  • 20 mai 1928 — La varicelle, découverte à Nantes le matin d’une séance de photographie ; la famille reste bloquée là une semaine de plus.
  • 16 août 1928 — Aux Sables : « il comprend tout, connaît tout et trotte tout seul comme un petit lapin ».
  • 24 août 1928 — « Lorsque la mer est haute, il veut patauger dans l’eau et il faut sans cesse courir après… ses petites joues sont bien rondes et ses petits membres tous dorés par le soleil. »
  • 17 novembre 1928 — Vingt mois : « il est remarquablement intelligent, comprend et retient tout, et je n’ai pas de meilleure joie que de le sentir me passer ses petits bras autour du cou en m’appelant Maman ! »
  • 25 décembre 1928 — Premier Noël dont il profite : « Jean a eu quelques petites choses dans ses souliers, mais il n’a pas saisi la provenance bien qu’il en ait été enchanté, l’année prochaine ce sera très amusant. »
  • 12 janvier 1929 — Il apprend à ménager sa mère alitée : « au début Jean ne voulait pas me voir là, et essayait par tous les moyens de m’en déloger, maintenant il s’y est habitué et me fait même quelques commissions pour éviter de me déranger ».
  • 17 février 1929 — Le rival de la TSF : « il suffit que je veuille écouter, par exemple, la Pavane pour une infante défunte, la Sonate de Franck ou l’ouverture de Tannhäuser, pour que Jean me demande à cor et à cri de lui réciter Le loup et l’agneau ou bien Le corbeau et le renard ».
  • 17 mars 1929 — Deux ans : « il dit beaucoup de mots, on peut tenir avec lui une vraie conversation ».
  • 22 septembre 1929 — De retour des Sables après un mois : « il a étonnamment grandi, s’est beaucoup fortifié et a bruni au grand air de la mer… il est enchanté de voir sa petite sœur, mais n’aime pas l’entendre pleurer ».
  • 6 octobre 1929 — Sur l’éducation : « que c’est délicat de former une petite âme d’enfant, il est plus facile de débarbouiller le petit derrière de Jacqueline ou de lui donner ses tétées ».
  • 19 octobre 1929 — Pèlerinage à Sainte-Radegonde : « Jean courait partout, heureux comme un roi, et passait sans cesse à son papa des qu’est-ce que c’est que ça ? »
  • 15 décembre 1929 — « Il est si grand et fort qu’on lui donnerait 4 ans et le voudrait plus raisonnable qu’il ne peut être ; mon petit bien-aimé ! »
  • 25 mai 1930 — Trois ans : « il a une mémoire étonnante et pose à chaque instant des questions saugrenues : comment on fait les petits lapins ? comment on fait les pommes de terre ? »
  • 24 août 1930 — Un abcès à l’épaule occupe la fin des vacances : « Jean n’est guère sage et docile pour ses pansements ».
  • 2 novembre 1930 — Une soirée dont elle garde le détail : « Jean gribouillait avec ses crayons de couleur, et petite Jacqueline circulait dans son parc, s’arrêtant de temps en temps près de moi pour blottir sa petite menotte dans la mienne… et de Paris, à travers les airs, m’arrivaient les accords d’une symphonie de Chausson donnée au concert Lamoureux ! »
  • 15 novembre 1931 — Tombe malade à Nantes le jour de la Toussaint, quatre jours avant la naissance de sa sœur : mal de gorge à quatre heures, 38°5 le lendemain. Il restera au lit sept semaines.
  • 20 novembre 1931 — Aperçu de la rue à travers une vitre, au départ de la clinique : « je m’attendais bien, après trois semaines de diète, à le trouver amaigri, j’ai été impressionnée par cette pauvre petite figure tirée, dans laquelle on ne voit plus que les yeux ! »
  • 5 décembre 1931 — Un mois de séparation, rompu par le téléphone : « combien j’ai été heureuse d’entendre sa petite voix que depuis un mois je n’avais pas entendue ».
  • 23 décembre 1931 — Retrouvailles à Nantes : « je revois toujours la petite figure heureuse et l’élan avec lequel il a jeté les bras autour du cou ! »
  • 25 septembre 1932 — La veille : « cela me cause une grande émotion, c’est quelque chose qui finit, il me semble que ce pauvre petit sera moins à moi ! et pourtant il le faut ! »
  • 2 octobre 1932 — Première rentrée, le 26 septembre : « je suis allée le conduire ce jour-là et le présenter à Mlle Violeau ! j’étais je crois plus émue que lui ! »
  • 2 octobre 1932 — Il rentre plein de son école : « le soir ne tarit pas sur les faits et gestes de Louis Talonneau, de Pierre Péchereau et d’Armand Bernard, ni sur les choses dites par Mlle Violeau ».
  • 6 novembre 1932 — Le mal de l’automne 1931 est enfin nommé, un an après, en passant : « ce jeune monsieur est habitué depuis sa typhoïde à se faire soigner et se figurerait volontiers qu’il n’y a que lui au monde ! »
  • 27 novembre 1932 — À cinq ans, il garde sa petite sœur : « j’ai trouvé Jacquie à table, mais Jean dans le parc avec Geneviève, il lui avait même fait prendre son biberon de cinq heures ».
  • 5 mars 1933 — Passage à l’école des garçons : « l’entrée de Jean à La Jamonière vendredi matin, il a l’air de se faire à ce changement, mais cela a été pénible de l’envoyer ainsi au milieu de tous ces garçons ! à l’asile, Mlle Violeau faisait un peu la maman, tandis que maintenant le voilà lancé dans la vie ! »
  • 19 mars 1933 — Six ans le 17 mars.
  • 21 août 1933 — Pour la fête de sa grand-mère, il récite « Le Lièvre et la Tortue » : « il y mettait le ton avec conviction et faisait des gestes tout à fait comiques ».
  • 18 février 1934 — Deux mois plus tôt, l’attente : « d’ici là il va falloir préparer sa petite âme à la venue du Divin Maître ; et quelle joie sera la mienne quand je m’agenouillerai à la Sainte Table à côté de l’aîné de mes enfants. »
  • 22 avril 1934 — Première communion le 15 avril : « Jean était gentil à croquer dans son marin neuf… quand il est passé près de nous, Jacques et moi avons pris la file et avons eu la joie de communier de chaque côté de notre grand chéri ».
  • 22 avril 1934 — Ce qui manque ce jour-là : « je pensais au pauvre grand-père dont la place est si cruellement vide parmi nous ! j’avais tant compté sur cette première communion… »
  • 3 juin 1934 — Enfant de chœur à la Fête-Dieu : « Jean est enfant de chœur et doit jeter des fleurs devant le Saint-Sacrement ; je serai contente d’apercevoir mon grand garçon dans l’exercice de ses fonctions ».
  • 19 août 1934 — Il apprend à nager avec Menine : « il paraît d’ailleurs qu’il va se lancer d’ici peu et commence à faire convenablement la planche ».
  • 3 mars 1935 — Une longue grippe le tient au lit trois semaines : « il me faut passer une grande partie de mes journées à lui lire des histoires de la Semaine de Suzette ».
  • 17 mars 1935 — Reçu dans la Croisade eucharistique : « le voilà croisé maintenant ! Puisse-t-il tenir ses promesses ! »
  • 20 octobre 1935 — Il apprend la mort de son grand-père : « je racontais tout cela à Jean et à Jacquie qui sont maintenant en âge de comprendre, les larmes m’ont gagnée et je ne pouvais continuer, alors mon petit Jean est venu passer ses bras autour de mon cou et m’embrasser pour me consoler. »
  • 15 décembre 1935 — Enfant de chœur : il se lève à six heures dix pour servir la messe, « c’est bien un peu dur pour le petit chéri de se lever de bonne heure, mais il le fait de bon cœur ».
  • 5 avril 1936 — Confirmé le 30 mars, avec plus de deux cent cinquante enfants.
  • 28 juin 1936 — Le portrait sans complaisance : « bon petit garçon au fond, mais désobéissant, raisonneur et taquin, ami du moindre effort et cherchant à se faire remarquer ; il me fait passer de bien mauvais moments ! »
  • 16 août 1936 — Il apprend à nager sérieusement : « il prend des leçons de natation pour arriver à faire des mouvements un peu plus correctement, et il en est ravi ».
  • 13 juin 1937 — Inscription à Richelieu, le collège où son cousin Michel a fait ses classes : « quel crève-cœur ce sera lorsqu’il faudra rentrer mon grand garçon ».
  • 25 juillet 1937 — Le dernier jour à la Jamonière : « Jean n’a guère manifesté de peine en quittant la Jamonière, où pourtant il a passé quatre ans ! les enfants ne réalisent pas certaines choses ».
  • 17 octobre 1937 — Pensionnaire : « c’est un garçon heureux, il se dit tout à fait habitué à Richelieu et rentre sans larmes ! »
  • 24 octobre 1937 — « Il est gai, bien portant, mais les notes n’étaient absolument pas bien merveilleuses ! »
  • 5 décembre 1937 — Le premier anniversaire de sa mère qu’il manque : « mon grand garçon me manquait, et, mercredi, je lui ai envoyé par son papa une part du gâteau de la fête ».
  • 6 mars 1938 — Ce que la pension lui a donné : « je crois qu’il apprécie davantage la maison alors qu’il en est éloigné ».
  • 20 septembre 1938 — Bicyclette neuve et première escapade jusqu’à Belleville : « cela lui paraît une belle preuve d’indépendance et il se croirait volontiers un homme ».
  • 28 septembre 1938 — Il rentre au collège le 27 septembre, en pleine crise de Munich, « sans trop d’émotion ».
  • 4 juillet 1943 — Échec au baccalauréat : « sur le moment cela nous a été une certaine déception, mais l’échec ayant été collectif, puisque beaucoup de camarades ont échoué… »
  • 17 octobre 1943 — Reçu à la session suivante : « le grand événement de la semaine est le succès de Jean à son bachot, succès qui nous a fait le plus grand plaisir à tous ».
  • 2 juillet 1944 — Second baccalauréat obtenu : « nous avons eu mercredi les résultats des bachots, Jean a réussi son examen ».
  • 6 novembre 1944 — Départ pour Versailles en novembre, faute de moyens de transport réguliers.
  • 12 avril 1946 — À dix-neuf ans, il est celui des enfants qu’elle suit le moins bien : « celui-ci nous paraît bien plus loin de nous que les autres ; je puis suivre par la pensée les filles, qui évoluent dans le cadre de mes années de pensionnaire ; quant à Yves, il est à Richelieu, très près de nous ».
  • 27 août 1946 — Pèlerinage à pied à Sainte-Anne-d’Auray avec son ami Auguste, décidé par lui : « non préparé en tout cas, puisque, dimanche soir, il a fallu improviser un sac de couchage ; Jean n’est pas à cela près ! »
  • 3 octobre 1946 — Son départ pour Stanislas, à Paris : « cela a été bien dur, et jamais je n’ai eu un tel déchirement de le voir partir… il est terriblement loin, surtout dans une nouvelle pension, où il ne se plaira peut-être… »
  • 7 octobre 1946 — « Que devient Jean ce soir, dans son dortoir de Stanislas ? »
  • 26 juin 1947 — Admissible au concours : « il a gagné une première manche, il lui reste maintenant à gagner la seconde et ce ne sera peut-être pas commode ».
  • 25 septembre 1947 — Reçu, nouvelle apprise au marché : « en arrivant au marché, ai appris par Anne Péchereau le succès de Jean, annoncé par Ouest-France — le garçon doit rejoindre Coëtquidan à partir du 18 octobre ».
  • 1er novembre 1947 — Affecté près de Strasbourg : « il est à Mutzig, à quinze ou vingt kilomètres de Strasbourg ; j’ai hâte d’avoir quelques détails sur sa vie là-bas, s’il daigne m’en donner ».
  • 28 décembre 1947 — Pas de permission de Noël : « les gradés ont cinq jours et les soldats de 2e classe, ce qui est le cas, ont soixante heures, encore ne faut-il pas aller au-delà de 200 km ».
  • 4 janvier 1948 — Il arrive par surprise le soir du 1er janvier : « le téléphone sonne ; c’était Jean qui venait d’arriver par l’express ».
  • 13 juin 1948 — Une permission de quinze jours en juin, la première depuis son incorporation.
  • 27 juin 1948 — « J’ai tâché de bien le soigner et de lui préparer des repas à son goût. »
  • 31 octobre 1948 — Saint-Cyr : « il paraît que le bal de Cyr est reporté à la fin décembre ».
  • 12 septembre 1950 — Absent aux noces d’argent de ses parents, qu’il a pourtant entièrement organisées à distance.
  • 2 octobre 1950 — « Il a passé les journées du 12 et du 13 à Paris, ou plus exactement à Satory, pour examiner de nouvelles méthodes d’instruction. »
  • 8 octobre 1950 — Une permission d’octobre : « j’étais si contente de voir Jean et de causer… »
  • 28 juillet 1951 — Départ pour l’Indochine : « Jean a dû s’embarquer aujourd’hui à Marseille, et, à l’heure qu’il est, s’en va à bord du Pasteur, en direction de l’Indochine. Quel déchirement de penser à cela ! Mon petit garçon, notre aîné ! »
  • 25 septembre 1951 — L’attente des lettres : « il n’y a évidemment pas de quoi s’affoler, mais le temps paraît bien long. C’est une pensée continuelle vers ce grand chéri qui est si loin et sera si longtemps avant de revenir. »
  • 27 septembre 1951 — La première lettre : « une lettre bien intéressante, datée du 17 ; dix jours, c’est encore long ! elle n’est partie que le 23. »
  • 23 décembre 1951 — Le premier Noël sans lui depuis vingt-quatre ans : « que fait Jean aujourd’hui ? Comment se passe son jour de Noël ? sans doute même il ne nous le dira pas, et c’est si dur, si dur de le sentir ainsi bien loin, de ne pouvoir s’imaginer même ce qu’est la vie là-bas. »
  • 17 février 1952 — « Il y a eu, avant-hier, sept mois que j’ai embrassé mon grand chéri, près du bus qui l’emmenait de Brides. »
  • 17 mars 1952 — Ses vingt-cinq ans, loin : « anniversaire de Jean, le jour le plus heureux de ma vie ; j’aurais bien voulu embrasser mon grand chéri. »
  • 23 mai 1952 — La dernière lettre reçue de Suzanne Nida, datée du 16 mai : « Jean se trouve actuellement en opération dans une zone très dangereuse, et il commande une compagnie depuis la mort de son capitaine, il a, paraît-il, toutes les qualités d’un vrai chef. »
  • 26 mai 1952 — L’annonce : « à la lecture de la lettre de Suzanne, j’aurais dû comprendre que le malheur était sur nous, et qu’elle voulait nous y préparer ; j’aurais dû comprendre et n’ai rien compris ; il y a des jours où on est aveugle ! Jacques avait compris. Nous avons déjeuné comme d’habitude, le dernier repas heureux. À la fin du repas, on entend le téléphone… »
  • 1er juin 1952 — « C’est en moi une telle secousse, un tel désarroi, que je prie très mal, toujours avec la même, l’unique pensée : Jean est mort, nous ne le reverrons plus, son corps repose au cimetière d’Hanoï. »
  • 5 juin 1952 — Une lettre de son capitaine, du secteur postal 70.662 — « dont j’ai si souvent noté le numéro sur les lettres et les colis ».
  • 18 juin 1952 — Les photographies des obsèques d’Hanoï arrivent : « elles sont très bonnes et nous pouvons ainsi nous représenter la cérémonie funèbre ».
  • 14 septembre 1952 — Ce qui revient de lui tient dans une boîte : « un porte-mine et un stylo, une petite… »
  • 16 octobre 1952 — « Reçu ce matin les décorations de Jean : la légion d’honneur et la croix de guerre avec palme. Je suis allée déposer les deux écrins dans le salon, devant sa photo. »
  • 21 novembre 1952 — Les cantines : « cela a été affreux d’avoir à ouvrir ses cantines, à retrouver… »
  • 28 novembre 1952 — Ses vêtements partent au Secours catholique : « c’est encore un peu de lui qui s’en va, mais toutes ces choses soulageront peut-être des misères. »
  • 28 décembre 1952 — Le retour du corps : « nous savons, par la Radio, que le Kerguelen est arrivé ce matin à Marseille, à 8 heures. Le corps de notre cher petit est en ce moment sur la terre de France. »
  • 14 janvier 1953 — Le corps arrive à Nantes : « ils sont plus de trente, qui viennent d’être amenés et sont alignés dans un baraquement, tous les cercueils recouverts de drapeaux tricolores. Jean est le seul Vendéen. Quelle douleur affreuse de se trouver ainsi près de notre enfant bien-aimé, alors qu’il ne peut plus nous entendre. »
  • 16 janvier 1953 — La veille : « c’est demain matin que le corps de Jean nous arrive ; nous aurons le suprême et le déchirant bonheur de le garder deux jours dans la maison qui a été celle de son enfance. »
  • 20 janvier 1953 — Le récit du sergent Dufau, qui était là : « ils étaient vingt-cinq contre plusieurs centaines de Viets — et encore, le seul groupe de Jean a été attaqué. Il y a eu bataille très dure et les Viets ont gagné du terrain. Ce n’est qu’après leur retraite que les nôtres ont pu relever les morts. »
  • 20 janvier 1953 — Ce que Dufau a vu : « Jean avait dû être tué dès le début du combat — on ne saura jamais s’il est mort sur le coup, ou si, sans connaissance, il a survécu quelques instants. Il était couché sur le dos et paraissait dormir, la tête appuyée contre une diguette ; il avait un bras replié sur la poitrine ; sans doute, se sentant frappé, a-t-il porté la main à sa blessure. »
  • 3 mai 1953 — « Dimanche prochain, au cours de la cérémonie au Monument aux Morts, une plaque portant le nom de Jean doit être inaugurée. »
  • 16 août 1953 — Deux ans jour pour jour après le débarquement : « Jean débarquait à Haïphong, plein de vie et d’espoir, désireux de voir toutes choses. Nous n’aurions plus que trois ou même quatre mois à l’attendre, et au lieu de cela… »
  • 17 janvier 1954 — Un an jour pour jour : « nous avions préparé le salon, pour la dernière arrivée de notre enfant. Je n’oublierai jamais cet instant où Jacques et moi sommes sortis au-devant… »
  • 17 mars 1954 — Ses vingt-sept ans : « pendant 25 ans, cet enfant a été notre consolation, notre fierté, malgré les inévitables inquiétudes. Il nous attend, nous aime, prie pour nous. »
  • 18 mars 1954 — « 27 ans aujourd’hui que Jean a été baptisé. »
  • 26 avril 1954 — Elle relit les textes des obsèques : « en ai profité pour lire les discours qui ont été prononcés au service de Jean et le jour de ses obsèques. »
  • 17 juin 1954 — Redouter une ville à cause d’un souvenir : « le passage à Lyon me coûte beaucoup, car je vais y retrouver tant de souvenirs du séjour de Jean. »