Dix vers de Jean sur son frère Yves, datés et chronométrés de sa main : « pour Jean, 21-3-1947, en 16 minutes 35 secondes ». Jean a vingt ans, il lui en reste cinq. C’est le seul texte de lui que conserve le corpus.
Texte recopié tel quel, sans correction d’orthographe ni de ponctuation.
Yves DUGAST
Les deux mains dans les poches, les mèches en goguette,
Des yeux un peu moqueurs, un regard de poète,
Et toujours mal « triflé », les chaussettes tombantes,
Des taches un peu partout, cravate inexistante
Mais, par-dessus tout çà, sauf quand Maman l’embête
Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, on voit son âme en fête,
Dans un large sourire, hilare et bon enfant,
Venir nous compléter ce beau signalement
Si vous le rencontrez, agitant ses grands bras
Aussitôt vous direz : « Mais, c’est Yves Dugast » !
Pour Jean 21-3-1947 en 16 minutes 35 secondes