Dans le journal : Jacqueline

Fille de Victor Potier et de Marie Pigeaud, seule sœur survivante d’Andrée. Elle porte dans la famille le surnom de Canette, et c’est bien elle l’autrice des Mémoires de tante Canette conservés avec les cahiers : le premier chapitre s’ouvre sur « Jacqueline GRANGER », née au Poiré-sur-Vie le 19 juin 1904 — son nom d’épouse, sa date et son lieu de naissance. L’alias, que le journal seul laissait deviner, est ici établi par un texte de sa main.

Au fil du journal

  • 10 août 1917 — Travaille au piano toute la journée : une Danse marocaine, un Nocturne de Field, une Marche militaire de Schubert.
  • 27 décembre 1917 — À genoux sur une chaise pendant la veillée de Noël, les coudes sur la table — position jugée très incommode par Andrée.
  • 5 avril 1918 — Scène « très pénible » avec Andrée, qui en reste « brisée ».
  • 5 avril 1918 — « Jacqueline est vraiment musicienne » : elle accompagne Andrée au piano, qui joue du violon.
  • 12 mai 1918 — A la rougeole ; Andrée l’attrape à son tour et est renvoyée du pensionnat par le train de 9 h 56.
  • 26 juillet 1920 — Passe l’écrit de son brevet ; « la pauvre doit être bien émue ».
  • 30 juillet 1920 — Reçue définitivement.
  • 31 juillet 1920 — « Chaque soir, Jacqueline et moi allons dans le salon, à l’heure où la nuit tombe, nous dansons un peu, mais le plus souvent Jacqueline se met au piano et joue par cœur, et c’est infiniment agréable d’écouter dans la pénombre. »
  • 23 octobre 1920 — Travaille deux Valses de Chopin : « j’aime infiniment les entendre ».
  • 20 février 1921 — Concert à Nantes préparé chez Mme Houdbine : « notre duo et la Romance de Jacqueline ont été très applaudis ».
  • 21 juin 1921 — Répète à l’église le morceau qu’elle jouera au mariage Boyer, et essaie l’harmonium.
  • 8 juillet 1921 — Tient la musique du mariage : « son morceau de violon était très bien rendu ».
  • 17 janvier 1922 — Répète les morceaux de violon et d’harmonium qu’elle jouera à la messe du mariage.
  • 26 mai 1922 — À Giromagny, on entend à la grand’messe l’Offertoire de Dubois qu’elle avait joué au mariage de Marguerite.
  • 28 mai 1922 — Joue du violon à la grand’messe de Giromagny « et s’en est bien tirée ».
  • 8 février 1924 — Part pour Paris. « Jacqueline me manque maintenant, la maison est silencieuse sans son piano et je regrette nos promenades. »
  • 18 juin 1924 — Choisit un piano neuf à Nantes : « il doit arriver ce matin, aussi est-elle au septième ciel ».
  • 27 juin 1924 — Le piano à l’épreuve : « son piano neuf est vraiment bon ; elle nous a joué la Sonate au clair de lune de Beethoven, la Chanson napolitaine de Saint-Saëns, une Romance sans paroles de Mendelssohn, différentes choses de Chopin et de Grieg ».
  • 27 mars 1930 — Rentrée de Lyon après deux mois : « j’ai été bien, bien contente de la revoir, mais il se pourrait que ce ne soit pas pour très longtemps. Que Dieu la mène là où Il veut… »
  • 27 avril 1930 — Présentation de « M. Jean Granger, qui nous a paru tout à fait sympathique et gentil » — Andrée note qu’elle ne peut pas encore dire « le fiancé ».
  • 14 septembre 1930 — Fiançailles le 8 septembre aux Sables, à l’hôtel de la Plage.
  • 26 octobre 1930 — Jean Granger signe à Tours l’achat de l’étude de La Haye-Descartes, où le jeune ménage s’installera.
  • 2 novembre 1930 — « Son mariage sera probablement le 7 ou le 8 janvier. »
  • 11 janvier 1931 — Mariée à Jean Granger le 7 janvier 1931 ; mariage civil le mardi à trois heures et demie, dîner à La Roche. « Il y aurait trop de détails à raconter, j’y renonce. »
  • 8 février 1931 — Installée à La Haye-Descartes, en Touraine, où son mari a acheté l’étude. « Jacqueline n’est pas encore très habituée là-bas ! »
  • 22 mars 1931 — L’absence de sa sœur creuse l’année : « quant à Jacqueline, elle me manque toujours beaucoup ! »
  • 7 janvier 1934 — Un désaccord de fond entre les deux sœurs, écrit sans détour : « toujours pas de bébé en route ! je ne crois pas que Jacqueline en souffre beaucoup d’ailleurs ! Maman et elle ont une tout autre façon que moi de comprendre les choses, elles ne voient dans la maternité que le côté pénible… et ne considèrent pas le devoir qui est avant tout d’avoir des enfants et de les élever. »
  • 9 septembre 1934 — Après un mois de vacances communes : « Jacqueline me manque, nous avons eu le temps de reprendre des habitudes ensemble et depuis deux jours qu’elle est partie, j’ai déjà des tas de choses à lui dire ! »
  • 8 août 1939 — L’annonce de la sixième grossesse à sa sœur : « j’ai vu bien vite que je n’étais pas comprise ; elle ne comprend pas que je puisse ainsi prendre une nouvelle charge et accepter de nouvelles souffrances, je n’en parlerai plus, mais cela est dur ».

Papiers de famille

  • Fille de Victor Potier et Marie Pigeaud, sœur d’Andrée ; a épousé Jean Granger, sans enfants. — Arbre généalogique familial
  • 1904-1985, pianiste — le journal la montre en effet au piano des journées entières. Dite Canette. — Recherche généalogique (2026)
  • « Je suis née au Poiré sur Vie le 19 juin 1904, prématurément. » Elle y signe Jacqueline Granger, et note que ses deux grands-pères étaient morts l’un en mars, l’autre en mai 1904 — ce qui explique le « grand-père que j’ai si peu connu » d’Andrée en 1918. — Mémoires de tante Canette, ch. 1