Trois échelles de lecture. Chaque renvoi pointe vers le texte intégral.

Résumé de l’année

L’année où Andrée sort de Vendée. Elle a dix-neuf ans, et en douze mois elle voit Paris pendant six semaines, Giromagny et les Vosges, puis l’Alsace redevenue française quatre ans plus tôt — Strasbourg, Sainte-Odile, Colmar, et le pont de Kehl pour « mettre le pied en Allemagne ». Sa géographie, qui tenait encore en 1917 dans un triangle de quarante kilomètres, couvre désormais la moitié du pays.

L’année commence pourtant au Poiré, par le mariage de Marguerite — quatre jours de fête, bal jusqu’à deux heures du matin, lits mis en portefeuille — et par le cafard général du lendemain. Elle se poursuit par un séjour parisien qu’Andrée juge elle-même sans illusion : « ces six semaines sont pour moi un très agréable souvenir, mais ce n’est bon que pour un temps, et je préfère la campagne et la vie plus calme que je vis ici. »

C’est aussi l’année de la musique. Le concert Colonne où Enesco joue Beethoven lui arrache la phrase qui revient sous sa plume chaque fois qu’elle est heureuse : « on voudrait que cela dure toujours ».

Résumés de période

Le mariage de Marguerite — janvier et février

Les préparatifs absorbent tout le mois : La Roche pour les chapeaux, Nantes pour les essayages. Le 25 janvier, « il fait un temps affreux, de vraies trombes d’eau ; que ferons-nous si nous avons une journée semblable ? » Le temps s’éclaircit. Danse chez les Gendreau le dimanche, mariage civil le lundi 30 janvier, religieux le mardi 31, raconté d’un trait le 4 février : Jacqueline tient la musique, Charlotte et Andrée quêtent, le bal dure jusqu’à deux heures. Puis le vide : « le cafard était général ».

Six semaines à Paris — février et mars

Elle part seule le 8 février, à six heures du matin, et lit la Loire défiler. Chez Tante Denise, quai d’Orsay, elle découvre les Halles au petit matin, le Bois, le Trocadéro, le Louvre le 22 février — la Vénus de Milo « toute blanche sur un fond pourpre », les Glaneuses, les lumières de Courbet. Vincent d’Indy dirigeant ses propres œuvres, Molière à la Comédie-Française, la Conciergerie et le cachot de Marie-Antoinette, la prison des Carmes « où l’on voit les ossements des prêtres martyrisés ». Le 11 mars, le concert Colonne. Retour le 27 mars.

Printemps au Poiré — avril et mai

Le 29 avril, Marie annonce son mariage avec un jeune médecin : « j’en suis restée toute saisie, mais bien contente… elle se sent si heureuse qu’elle ne sait pas comment remercier Dieu de son bonheur ». Andrée lui fabriquera une boîte en étain.

Giromagny et l’Alsace — mai et juin

Trois jours de train, une nuit entière, un déraillement à Juvisy. Premier séjour d’Andrée à Giromagny, cinq ans après le voyage d’urgence de sa mère au chevet de Lucie : « ces montagnes qui entourent Giromagny, non des formes abruptes, mais des courbes douces et allongées ». Le 2 juin, trois jours d’Alsace en une seule entrée : la frontière franchie à Petite-Croix, les cimetières aux « innombrables petites croix blanches », Colmar et Schongauer, les cigognes de Turckheim, Sainte-Odile et sa choucroute servie par des religieuses, Strasbourg « dentelle de pierre rose » et ses 322 marches. Retour le 14 juin.

L’été et l’automne — juillet à décembre

Le 28 juin, Andrée Chailloux accouche d’une fille, un an presque jour pour jour après son mariage. L’été aux Sables, puis la reprise ordinaire. Une seule interruption dans toute l’année : vingt-cinq jours sans entrée du 1<sup>er</sup> au 26 octobre. Le cahier se ferme le 31 décembre.

Entrées notables

  • 4 février — Le mariage de Marguerite en quatre jours, et le lit d’Alexis mis en portefeuille.
  • 15 février — Retrouver Suzette à Paris : « de Giromagny et du Poiré, venir se retrouver à Paris ! »
  • 22 février — Sa première visite au Louvre.
  • 11 mars — Enesco au concert Colonne : « jamais je n’avais rien entendu de si beau… on voudrait que cela dure toujours, et c’est fini ».
  • 18 mars — La prison des Carmes et les massacres de Septembre.
  • 29 mars — Ce qu’elle retient de Paris, et pourquoi elle préfère la campagne.
  • 29 avril — Le bonheur de Marie, raconté sans une once d’envie.
  • 2 juin — La journée d’Alsace : Colmar, Sainte-Odile, Strasbourg, le pont de Kehl.
  • 14 juin — « Ma dernière vision de Paris a été une grande étendue grise dominée par la tour Eiffel. »
  • 16 juin — « J’évoque avec plaisir les pentes bleues des Vosges, mais ici, c’est le pays que je retrouve. »