Ville
Au fil du journal
- 5 mars 1927 — L’accouchement y est décidé contre son gré : « j’aurais préféré que mon enfant vienne au monde ici, soit baptisé dans l’église où j’ai été baptisée, cela ne sera pas… »
- 23 octobre 1927 — Quinze jours en octobre, le temps que le chauffage central s’installe au Poiré. Quatre soirées au théâtre : Faust, La Veuve joyeuse, Manon, Hérodiade.
- 23 octobre 1927 — Promenade en bateau jusqu’à Indret : « vers Roche-Maurice trois ou quatre voiliers qui servaient au transport des nitrates du Chili, ils sont maintenant tout blanchis par les saisons, abandonnés, ils portent les cicatrices de leurs traversées anciennes et on dirait des squelettes fantômes d’un temps disparu ».
- 10 août 1929 — Les cinq semaines d’attente lui rendent son adolescence par un détour de rue : « on contourne le jardin de Chavagnes, et, en revoyant la serre, en apercevant les bâtiments à travers les grands arbres, je revis tous mes vieux souvenirs ».
- 21 août 1929 — La chambre de la clinique du Bocage : « cette chambre que j’ai déjà habitée deux fois, dans laquelle j’ai vu Jean tout petit, et où, j’espère, je verrai bientôt un autre petit ».
- 20 octobre 1931 — Elle arrive le 18 octobre pour attendre : « me voici seule, attendant le grand événement… Jacques est reparti ce matin avec ma Pépée et ce départ a été pour moi un déchirement atroce ! »
- 31 octobre 1931 — Les promenades d’attente, avec Jean : « partie par le chemin de Carcouët, je suis revenue par le parc de Procé, les Dervallières et les Folies-Chaillou ».
- 13 mai 1934 — Elle emmène ses filles à Chavagnes : « j’ai retrouvé tant de souvenirs ».
- 24 juin 1934 — Cinq semaines d’attente, la plus longue du journal : « je vis ici une vie inutile et désœuvrée ».
- 24 juin 1934 — Un soir de balcon : « je suis restée longtemps hier soir au balcon de ma chambre, contemplant la lune qui montait au-dessus des arbres, comme à cette même heure chez nous au-dessus du tilleul ! les petits devaient être couchés, Jacques devait arroser ses fleurs ou quelque planche de légumes. »
- 3 juillet 1934 — « Seigneur je suis en exil, vraiment en exil, veuillez abréger mon temps d’épreuve ! »
- 19 avril 1942 — Chavagnes devenu hôpital : « suis aussi passée à ce qui maintenant est Chavagnes ».
- 20 mai 1942 — « Nantes a été bombardé dans la nuit de mercredi à jeudi. »
- 9 mars 1943 — La ville où naît Anne est une ville sous alerte : pas de tram, couvre-feu, DCA et mitrailleuses dans la nuit.
- 26 septembre 1943 — Les bombardements de septembre 1943 : « la pauvre ville de Nantes a été bien éprouvée cette semaine… un bombardement des chantiers et de la gare de l’État… puis un second bombardement, plus terrible encore, anéantissait des quartiers entiers ».