Guerre — 1940-05-10 au 1940-12-31
Conflit : La guerre de 1939-1945 (1939-1945)
Impliqués : Jacques Dugast, Le Poiré-sur-Vie, La Roche-sur-Yon, Nantes
Récit
- 10 mai 1940 — « Les Allemands sont entrés cette nuit en Belgique et en Hollande ! D’ici peu ce sera l’Europe entière en feu ! … C’est le début de la guerre ! Après huit mois. »
- 25 mai 1940 — Le parallèle qu’elle fait elle-même : « les jours que nous vivons actuellement ressemblent étrangement pour moi aux jours de ta maladie… On guette l’heure des émissions comme nous guettions l’heure du thermomètre ! »
- 28 mai 1940 — La capitulation belge : « le roi Léopold, qui nous était si sympathique, le fils du roi Albert ! Que va devenir notre armée des Flandres, coupée du reste de nos troupes et acculée à la mer ! »
- 3 juin 1940 — Le bombardement de Paris : « assassiner lâchement des femmes, des enfants, même de tout petits comme toi peut-être. »
- 16 juin 1940 — « Les Allemands sont à Paris ! Comment concevoir une chose aussi monstrueuse ! Les Allemands descendant les Champs-Élysées ! … Au tombeau du Soldat inconnu ! »
- 17 juin 1940 — L’appel de Pétain, entendu à midi et demie : « voici que Pétain, d’une pauvre voix brisée, nous apprend qu’il a dû demander l’armistice ! Quelle chose affreuse et humiliante, quelle dure leçon aussi, peut-être salutaire pour la France ! »
- 20 juin 1940 — « Ce matin, nous avons été réveillés par le bombardement du terrain d’aviation de La Roche. »
- 1er juillet 1940 — « Si, au moment de ton départ, quelqu’un m’avait dit que, moins de trois mois après, la France serait vaincue, que nous serions en territoire occupé… et que nous ririons quand même, je n’aurais pu croire ni en une chose, ni en une autre. »
- 5 juillet 1940 — Les premières semaines d’occupation : « les Allemands sont corrects, les officiers mettent visiblement de la bonne volonté… mais les règlements sont sévères… ce sont les mois d’hiver que je redoute avec le manque de chauffage, le ravitaillement… »
- 5 juillet 1940 — « Une des choses les plus pénibles est le manque de nouvelles, les journaux sont censurés par l’autorité allemande, la radio également, les postes étrangers ne disent pas grand-chose. »
- 26 juillet 1940 — La récolte perdue sous la pluie : « c’est un véritable désastre qui portera sur deux ans, car il n’y aura pas de blé de semence. Le problème du pain quotidien va se poser. »
- 28 juillet 1940 — Une page de René Bazin sur Jeanne d’Arc, lue à Yves, sur laquelle elle fait sa propre substitution : « si on remplace l’Angleterre par l’Allemagne, le Roi de Bourges par le gouvernement de Vichy, la situation est… »
- 3 septembre 1940 — Nantes occupée : « c’est de voir la ville envahie, les magasins pillés et d’entendre sonner sur le trottoir les bottes dominatrices ».
- 26 septembre 1940 — Dakar : « comme ils doivent rire les Allemands de voir ainsi en lutte les anciens alliés, et même des Français contre des Français ! C’est le comble de l’horreur ! »
- 10 novembre 1940 — Le 11 novembre sous l’occupation : « cette fête qui fut celle de la Victoire et sera maintenant celle du Souvenir était affreusement triste, pas de cérémonie au monument aux morts, pas de fleurs, pas de drapeaux, seulement la prière. »
- 20 novembre 1940 — « Ceux de la zone libre sont bien heureux, ils peuvent pavoiser, chanter, crier ! Ici, nous sommes surveillés et nous étouffons. »
- 23 décembre 1940 — Un Noël de couvre-feu : « nous avons eu notre messe de minuit hier à cinq heures et demie… Cela faisait un effet bizarre de partir pour les matines de Noël quand le soleil brillait encore. »