par Anne Dugast, historienne
En tête de « Journal de Vendée 1917-1921 ».
Lorsque j’ai redécouvert les cahiers d’enfance et de jeunesse de ma mère, Andrée Potier (1902–1993), soigneusement conservés dans une vieille armoire familiale, j’ai été saisie par la justesse, la vivacité et la sensibilité de son regard. Écrits entre 1917 et 1954, ses journaux forment une chronique unique de la vie quotidienne en Vendée, traversée par les grands événements du XXe siècle — les deux guerres, les évolutions sociales, les rites familiaux et les élans intimes d’une femme en devenir.
Ce travail de retranscription, entrepris avec rigueur et émotion, m’a permis de redonner voix à une mémoire longtemps restée silencieuse. Page après page, c’est tout un univers qui renaît : celui d’une adolescente, puis d’une jeune femme, prise entre les exigences de son époque et ses aspirations personnelles. J’ai tenu à respecter au plus près la langue, le rythme et l’esprit de ces écrits, n’intervenant que pour clarifier ponctuellement certains noms ou références devenus obscurs.
Ce premier volume, consacré à l’année 1917, inaugure une série de publications à venir, couvrant près de quarante ans de journal. Il témoigne de ce que l’histoire peut receler de plus intime : les traces de celles et ceux qui, sans jamais prétendre à l’héroïsme, ont vécu et écrit au fil des jours, sans savoir qu’ils laisseraient, à leur insu, une empreinte précieuse.
Anne Dugast