Dans le journal : Papa

Victor Potier, propriétaire au Poiré-sur-Vie. Fils de Jacques Potier et de Marie Potier, frère d’Abel et d’Angèle. Homonyme de son propre oncle Victor Potier, l’époux de Tante Victor : deux Victor Potier coexistent dans la famille.

Au fil du journal

  • 24 juillet 1917 — Décide de changer l’automobile familiale, jugée trop coûteuse en réparations ; une Chenard quinze chevaux la remplace.
  • 27 décembre 1917 — Assis au coin du feu pendant la veillée de Noël, en face de Maman.
  • 1er avril 1918 — Accompagné dans ses tournées de ravitaillement par un expert en bestiaux, homme de l’Aisne sans nouvelles de sa famille depuis six mois.
  • 17 mai 1918 — Souhaite qu’Andrée passe son brevet à Vannes ; elle préférerait Tours.
  • 23 juillet 1918 — Conduit Andrée à La Roche pour son examen et vient la rechercher.
  • 14 juillet 1926 — Une veillée qui dure : « je me suis lancée avec Papa dans toutes sortes de renseignements généalogiques, et je ne pouvais plus m’arrêter ».
  • 16 septembre 1926 — Noces d’argent des parents, fêtées le même soir que le premier anniversaire de mariage d’Andrée.
  • 29 septembre 1926 — Autre soirée de généalogie, dont sort la phrase qui fonde tout le reste : « mon arrière-grand-mère a vécu ici, c’est ici qu’elle est morte, je marche sur les dalles qu’elle a foulées ; je monte l’escalier qu’elle a gravi, je contemple l’horizon qu’elle a si souvent contemplé, c’est une joie pour moi que de continuer la chaîne de la famille sous le toit même où mes aïeux ont vécu. »
  • 17 avril 1928 — Conseiller municipal, il reçoit à la mairie le candidat Durand ; le maire arrive à deux heures cinq et lève la séance : « Monsieur Durand, je regrette… vous n’avez plus que cinq minutes… »
  • 23 octobre 1931 — Mort subitement au volant, sur la route du retour de la dernière journée de vendange : « une embolie s’est produite, et la mort est survenue, foudroyante, Papa a lâché volant et pédales, et la voiture, abandonnée à elle-même, a zigzagué sur la route et finalement pris sa gauche pour aller heurter un tas de terre… quelques minutes après est passé le domestique d’une des fermes voisines, qui a reconnu Papa. »
  • 23 octobre 1931 — C’est Jacques qui reçoit le coup de téléphone d’Aizenay : « il ne s’est pas senti le courage de prévenir Maman et il a chargé de ce soin Madame Lucas, tandis que lui-même filait en auto, emmenant un gendarme, le docteur, l’abbé Braud et M. Baron ».
  • 23 octobre 1931 — Andrée, à Nantes, à quinze jours de son terme, l’apprend du docteur Lucas venu tout exprès. « J’ai demandé si je ne pouvais pas aller au Poiré le revoir une dernière fois, mais le docteur m’a dit que c’était impossible, et pour mon petit enfant et pour moi. »
  • 23 octobre 1931 — La nuit qui suit : « je me représentais toujours les mêmes images : cette auto allant heurter le talus… ou bien l’entrée de Papa à la maison… ou bien le retour de Maman dans cette maison des Sables qu’il aimait tant ! »
  • 23 octobre 1931 — « Dire que ce pauvre Papa est mort tout seul au bord d’une route sans avoir un instant pour se reconnaître et se mettre en règle avec Dieu ! »
  • 23 octobre 1931 — Elle n’assiste pas à l’enterrement, et écrit à l’heure exacte où il a lieu : « j’ai tenu à écrire ceci à la même heure, pour être de cœur avec eux tous ».

Papiers de famille

  • Victor Potier, fils de Jacques Potier et de Marie Potier, frère d’Abel et d’Angèle — le seul fils Potier de sa génération marié à une Marie Pigeaud. Homonyme de son propre oncle Victor, l’époux de Tante Victor. — Arbre généalogique familial
  • Victor Potier, 1874-1951, propriétaire au Poiré-sur-Vie. — Recherche généalogique (2026)