Dans le journal : Tante Denise

Sœur aînée de Marie Pigeaud, la mère d’Andrée. Son mari, le docteur Joseph Yehl — dont l’arbre familial orthographie le nom « Ielh » —, est mort en 1911 : elle est donc déjà veuve pendant toute l’année 1917, ce que le journal ne dit jamais. Elle vit à Giromagny, dans le Territoire de Belfort, à quelques kilomètres du front.

Au fil du journal

  • 3 août 1917 — Écrit que Lucie est hors de danger après une forte typhoïde ; que Solange a échoué à son brevet.
  • 14 septembre 1917 — Dernière dépêche connue avant celle du 18 ; probablement seule à Giromagny au chevet de Lucie.
  • 18 septembre 1917 — Envoie une dépêche annonçant que Lucie est très fatiguée et demandant à Maman de venir.
  • 31 mars 1918 — Ramenée de Giromagny au Poiré par Maman après la mort de Lucie, « où elle restera un temps indéterminé ». Elle y vit désormais.
  • 8 août 1918 — Longue conversation avec Andrée sur la généalogie de la famille et les souvenirs du pays — « et comme toujours des sujets qui reviennent si naturellement à l’esprit de Tante : Oncle Yehl et Lucie ».
  • 22 octobre 1918 — Alitée, atteinte à son tour par la grippe espagnole.
  • 8 mai 1919 — « Bien fatiguée, le cœur, les reins, rien ne va, et Maman se fatigue à la soigner. »
  • 31 juillet 1919 — Part pour un séjour à l’hôpital de La Roche : « elle dit qu’un changement de milieu est nécessaire, mais c’est ennuyeux de la voir partir ».
  • 28 août 1919 — Trop souffrante pour accompagner la famille dans les Pyrénées.
  • 15 septembre 1919 — Une angine avec fièvre la retient à La Roche au départ du voyage ; la famille s’arrête la voir en partant et au retour.
  • 6 janvier 1920 — « Tante est bien fatiguée et cela est inquiétant et pas bien gai. »
  • 10 janvier 1920 — « Tante est malade, malheureuse et peu commode à vivre ; elle ne supporte ni une étourderie ni un oubli, il y a des moments pénibles. » — la phrase la plus dure qu’Andrée écrive sur un proche.
  • 25 janvier 1920 — Discussion de lectures : elle apprécie Daudet, qu’Andrée déteste pour « cette ironie perpétuelle et ce scepticisme léger ». « Tante ne peut comprendre mon point de vue. »
  • 21 février 1920 — Repart pour Giromagny après deux ans passés au Poiré.
  • 19 avril 1921 — Le projet de la reconduire à Giromagny et de voir l’Alsace est abandonné : « les événements ne sont pas rassurants, et il vaut mieux ne pas se diriger actuellement vers l’est ».
  • 30 avril 1921 — « Tante m’a fait des reproches très durs et dit des paroles vraiment blessantes. Je suis montée me réfugier dans ma chambre où j’ai beaucoup pleuré. »
  • 15 juillet 1921 — Arrive au Poiré avec Aline, François et Caty, les enfants d’Oncle Raymond.
  • 27 juillet 1921 — Andrée la conduit à Nantes et l’accompagne à son train, levée à quatre heures.
  • 8 février 1922 — Héberge Andrée six semaines à Paris et lui fait découvrir la ville — les Halles au petit matin, le Bois, le Louvre, le Trocadéro.
  • 26 mai 1922 — De retour à Giromagny, elle y reçoit la famille : c’est le premier séjour d’Andrée dans l’est.
  • 8 février 1923 — Arrive au Poiré pour plusieurs mois.
  • 26 juin 1923 — Part pour Royat, en cure.
  • 22 octobre 1925 — Pendant le voyage de noces, « une très forte crise d’urémie, si forte que tous l’ont crue perdue ; depuis elle ne se remet pas, tous les organes sont atteints ».
  • 7 novembre 1925 — Ramenée au Poiré en voiture d’ambulance. « Elle a plus de 30 de tension, 1 gr. 5 d’urée, 1 gr. d’albumine et les reins ne fonctionnent plus. »
  • 9 novembre 1925 — Andrée et Jacques la veillent jusqu’au matin. « C’est terrible de la voir souffrir ainsi et de voir s’en aller cette intelligence jusqu’alors si lucide… »
  • 15 novembre 1925 — Morte le mercredi 11 novembre au matin, jour de l’Armistice, pendant qu’Andrée était à la messe. « Tante repose maintenant tout en haut du cimetière, tout près du mur. »
  • 16 décembre 1925 — Ses meubles arrivent au Poiré : « c’est navrant de déballer toutes ces pauvres affaires, alors que celle qui les a emballées n’est déjà plus ! »

Papiers de famille

  • Denise, mariée au docteur Yehl et installée à Giromagny ; sœur de Marie, Eugène, Gaston, Alfred et Raymond Pigeaud, mère de Lucie. — Arbre généalogique familial
  • Denise Pigeaud, 8 avril 1867 – 1925, sœur aînée de Marie ; veuve de Joseph Yehl, elle vit à Giromagny. — Recherche généalogique (2026)