Axe : la société et la politique
Au fil du journal
- 31 décembre 1917 — Première restriction du journal, au bilan de 1917 : la carte du sucre, et la fermeture des pâtisseries le lundi et le mardi.
- 1er mars 1940 — Annoncées par le chef du gouvernement, à la radio : « un discours de Paul Reynaud, qui se dit très satisfait de la situation économique, aussi nous a-t-il annoncé la prochaine mise en vigueur des cartes de pain, de sucre et je ne sais quoi encore. » L’ironie est d’elle.
- 8 juillet 1940 — « On annonce des restrictions de plus en plus serrées, sur le charbon, les corps gras, je ne sais quoi encore !… »
- 8 août 1940 — La hiérarchie des manques : « On peut vivre avec une paire de draps en moins, mais l’hiver prochain comment vivrons-nous si nous n’avons ni charbon ni pain… »
- 27 octobre 1940 — Ce qu’on mange à Paris, su par lettre : « un kilo de pommes de terre par personne et par mois, une livre de nouilles, du riz seulement pour les enfants ; tout cela n’est pas drôle ! »
- 12 novembre 1940 — Et la conscience de sa propre situation : « le ravitaillement est de plus en plus difficile à Paris, combien nous sommes privilégiés ici jusqu’à présent du moins… »
- 20 février 1941 — Le bourg vendéen ravitaille la capitale : « je vais maintenant avec Maman, préparer des emballages pour expédier des poulets à Paris, tout le monde en réclame. »
- 5 octobre 1941 — « Le ravitaillement se fait de plus en plus dur, nous voilà rationnés sur le pain. »
- 29 mars 1942 — L’économie du ticket : « passé une partie de la matinée à faire « honorer » quelques tickets de viande qui me restaient, afin de pouvoir envoyer quelques colis. »
- 1er avril 1942 — Les réquisitions agricoles : « De nouvelles réquisitions pleuvent : réquisitions de foin alors qu’il n’y en a plus, réquisitions massives de beurre et d’œufs. »
- 6 janvier 1943 — Le papier manque, et le journal lui-même est menacé : « impossible d’acheter des cahiers sans points, pas de papier à lettres. »
- 26 décembre 1943 — Une maison de dix personnes ramenée à une pièce chauffée : « on ne sait plus comment se retourner dans la salle à manger avec une table à trois rallonges, les chaises nécessaires et le berceau d’Anne. »
- 3 décembre 1944 — Après la Libération, les réquisitions continuent : « expédition à Aizenay, en voiture à cheval, pour la réquisition de la laine. »
- 21 janvier 1945 — Un discours de de Gaulle « suppliant les Français d’accepter courageusement les restrictions causées par l’hiver et les besoins de la guerre. Dans les grandes villes, le ravitaillement est lamentable ! »
- 16 décembre 1945 — Sept mois après la victoire : « On annonce de nouveau la carte de pain et des restrictions de plus en plus dures en charbon – que nous ne voyons jamais – et en électricité – nous en sommes déjà coupés les trois quarts au moins de la journée. »
- 22 décembre 1945 — Noël 1945 : « j’ai même cinq oranges obtenues avec le ticket d’Anne, et ce parfum, dans la salle à manger, évoque les noëls d’autrefois… »
- 10 mars 1946 — La collecte du blé passe aux communes : « le préfet est venu vendredi soir et a annoncé au Conseil municipal que le ravitaillement ne fournirait plus de blé aux campagnes ; chaque commune devra organiser elle-même la collecte du blé se trouvant sur son territoire ; le blé américain étant uniquement réservé aux villes. »
- 31 mars 1946 — Ce que la disette change dans une cuisine : « plus de farine, plus de gâteaux, qui pouvaient compléter un repas un peu juste, plus de ces rissoles ou de ces croûtes qui utilisaient les restes. »
- 6 avril 1946 — Qui est responsable, selon elle : « il ne faut pas rejeter tout le tort sur les paysans ; les intermédiaires et les trafiquants de marché noir sont bien plus à blâmer, et aussi la galaxie gouvernementale. »