Dans le journal : Yves · le petit Yves · notre petit bébé chéri · mon petit trésor
Au fil du journal
- 20 juillet 1934 — Né à la clinique de Nantes après cinq semaines d’attente : « vers deux heures du matin j’ai été réveillée par une forte douleur… je suis montée à la salle d’accouchement vers quatre heures, le docteur est venu vers cinq… »
- 20 juillet 1934 — Baptisé le lundi suivant à Saint-Louis « sous les noms d’Yves Michel Abel Joseph ». Il pesait à sa naissance 8 livres 150.
- 20 juillet 1934 — « C’est un beau bébé bien sage… il est très éveillé, et on dirait déjà qu’il voit. Combien je remercie Dieu de m’avoir donné mon petit trésor. »
- 9 septembre 1934 — Pourquoi il occupe une place à part : « ce n’est pas que je le préfère à mes autres chéris, mais il est à l’âge délicieux où il est tout faible et tout petit, où il s’abandonne entièrement à sa maman, où il est tout à fait à moi ».
- 7 octobre 1934 — Trois mois : « trois mois que j’ai eu la joie de contempler mon enfant chéri, d’entendre ses premiers cris, de baiser sa petite joue tiède et de contempler sur le visage de Jacques le reflet de ma propre joie ».
- 16 juin 1935 — Ce qu’il représente au milieu des trois autres : « quant à Yves, c’est la joie de mes journées, pas besoin de gronder, de punir ! de ravissants sourires, des petites grimaces charmantes ».
- 7 juillet 1935 — Un an : « c’est maintenant un beau petit bébé ; il a six dents et tourne autour de son parc et marchera bientôt ».
- 25 août 1935 — Sur la plage : « il avait entrepris de se mettre debout sans aucun appui, il restait en cette position quelques secondes, campé sur ses petites jambes écartées, écarquillant ses doigts de pied comme pour chercher une base plus solide, et puis… pouf ! sur son petit derrière ! »
- 1er septembre 1935 — « Hier, il a fait trois pas tout seul, puis il s’est arrêté, fier de sa victoire, pour pousser un cri de triomphe. »
- 12 janvier 1936 — Trois semaines de fièvre entre 39° et 40,5° au début de l’année. « Rien n’existait en dehors de la santé du petit chéri. » Un second médecin est appelé de La Roche.
- 26 janvier 1936 — Convalescence : « il a recommencé à marcher avant-hier et reste levé de grands moments, ses couleurs reviennent, mais il est encore bien maigre ».
- 19 août 1936 — Sur le sable mouillé : « il avait de l’eau jusqu’aux genoux et criait de plaisir, il pétrissait du sable mouillé, trempait ses mains avec délice, et courait de tous côtés comme un petit fou ».
- 6 décembre 1936 — Il réclame des chansons : « il m’arrive de chanter le Venez, divin Messie à mon petit Yves, qui réclame toujours des chansons ».
- 6 juin 1937 — Une action de grâces : « sommes allés aux Brouzils remercier le Père Monnereau d’avoir guéri notre petit Yves ».
- 21 novembre 1937 — Les oreillons, qu’il donne ensuite à sa mère.
- 20 septembre 1938 — Premier jour d’école, à quatre ans : « à onze heures, j’ai vu arriver mon bonhomme tout essoufflé et tout tremblant, il s’était sauvé ! … un malheur était arrivé parce qu’il n’avait pas osé demander la permission ! J’ai bercé mon petit garçon sur mes genoux. »
- 16 octobre 1938 — « Il est du plus haut comique de l’entendre expliquer le catéchisme en images à son petit frère qui répond par des grognements approbateurs. »
- 17 octobre 1938 — C’est lui qui fait ressortir le violon : « repris hier mon violon à la demande de petit Yves, voilà plus de deux ans que je n’en avais pas joué ».
- 20 janvier 1939 — Un mot d’enfant relevé tel quel : complimenté sur son château de cubes, il répond « c’est que je suis construit, maintenant que j’ai quatre ans et demie ! »
- 19 juin 1939 — C’est lui qui réclame le sixième : « Yves réclame à chaque instant un petit Bernard, et je crois que son désir va se trouver exaucé ».
- 29 août 1941 — Après dix jours de fièvre : « le petit malade a dû faire un foyer congestif au poumon gauche ».
- 4 septembre 1941 — « Il est si fragile et il a été certainement sérieusement touché ! »
- 9 décembre 1941 — Première communion le 8 décembre : « le petit chéri était bien mignon et bien heureux je crois, et pour Jacques et moi c’était un grand bonheur que d’accompagner à la Sainte Table notre quatrième trésor ».
- 18 juin 1942 — « Yves me donne actuellement beaucoup de peine, il devient désobéissant, volontaire et capricieux ! C’est contre lui une lutte de tous les instants, il a été un peu gâté pendant qu’il était malade… »
- 2 août 1942 — « Yves a appris hier à monter tout seul à bicyclette et cela le passionne. »
- 11 novembre 1942 — Opéré à la clinique de La Roche le 10 novembre : « le petit chéri est parti de la maison tout gaiement, et c’est très courageusement qu’il a suivi les Sœurs à la salle d’opération ».
- 15 novembre 1942 — « Il s’assied tout seul sur son lit, mange non seulement du potage, mais de la purée et des fruits cuits, et même un petit gâteau ; il est très gai et n’a pas de fièvre. »
- 27 juillet 1950 — Départ pour l’Allemagne, cinq ans après la guerre : « espérons que les événements internationaux, lesquels ne sont pas des plus rassurants, ne l’obligeront pas à abréger son séjour ».
- 3 septembre 1950 — Son retour, attendu au train de Paris « un peu au hasard ».
- 15 juillet 1951 — Échec à son examen : « c’est regrettable, mais ce n’est absolument pas une catastrophe, surtout s’il peut se rattraper en octobre ».
- 3 août 1951 — Une fièvre traînante rapportée d’un camp : « Yves m’a demandé un comprimé d’aspirine et m’a avoué qu’il ne se sentait pas très bien ».
- 7 août 1951 — « La radio, comme la cuti, a été négative, rien par conséquent du côté pulmonaire, mais toujours cette petite fièvre. »
- 10 juillet 1952 — Les notes du bachot : « 15 en latin ce qui est très bien, 8 en physique ce qui n’est pas… »
- 28 septembre 1952 — « Avons appris hier soir qu’Yves était admissible, c’est notre première joie depuis la mort de Jean. »
- 5 octobre 1952 — « Yves est reçu définitivement, c’est pour nous une grande joie et un immense soulagement. »
- 13 avril 1953 — Une conversation sur son avenir : « Jacques et moi avons fait venir Yves dans le salon pour lui parler un peu et le questionner au sujet de son avenir ; il nous a répondu, aussi nettement que l’avait fait… »