Andrée n’écrit pas seulement ce qu’elle pense : elle note, très souvent, ce que pensent les autres : dans une réunion d’œuvres, à la sortie d’un scrutin, chez une voisine, au cinéma. Ces notations sont datées et localisées, ce qui est peu commun : l’opinion d’un bourg rural est d’ordinaire ce que les sources laissent le plus mal saisir.
Une observatrice située
Elle observe d’un point précis : famille de notables catholiques, mari notaire et conseiller municipal, engagement dans l’Action catholique puis dans la Ligue féminine. Ce qu’elle appelle « un état d’esprit désastreux » au lendemain des municipales de mai 1935 est un jugement politique, pas un constat neutre, et c’est justement pour cela qu’il renseigne. On y lit à la fois ce que la campagne vendéenne était en train de devenir et ce qu’une notable catholique redoutait d’y voir.
- L’opinion, vue d’un bourg de Vendée — 1918–1954, 17 faits datés
Les mots qu’elle emploie
Le vocabulaire est constant sur trente-huit ans, et se relève tel quel : « consternation générale » (26 août 1939), « tout le monde est en rumeur » (11 juin 1941), « faire l’opinion » (1er mai 1946), « l’indifférence des Français » (4 avril 1954). Le dernier revient trois fois en 1954, toujours à propos de l’Indochine.
Le ravitaillement comme politique
Le 6 avril 1946, Andrée écrit la seule véritable analyse politique du journal, et elle porte sur le pain : « ceux qui ont faim sont bien excusables d’avoir l’esprit critique, mais il ne faut pas rejeter tout le tort sur les paysans ; les intermédiaires et les trafiquants de marché noir sont bien plus à blâmer… On fausse ainsi l’esprit des villes, et cela amènera des troubles un jour. »
- Le ravitaillement et les restrictions — 1917–1946, 19 faits datés
- La politique et les scrutins — 1932–1951, 8 faits datés
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