Axe : la vie intérieure
Au fil du journal
- 25 juin 1947 — Ce qu’elle demanderait à une retraite : « je regrette que nous n’ayons pas un peu plus de temps libre à passer dans nos chambres, afin de réfléchir, de prier davantage, s’assimiler… »
- 6 juillet 1947 — La sécheresse d’après : « aucune ferveur, aucun élan, des distractions multiples et encombrantes, impossibilité de prier, de réfléchir, de méditer un peu — comme on dit quelquefois, je n’ai pas la tête à ça ».
- 5 août 1947 — Un 15 août aux Sables : « un besoin intense de prière, et pas moyen de prier… les chants compliqués, savants et peut-être très beaux, me laissent à présent… »
- 25 septembre 1947 — « Beaucoup de peine à prier aux messes du matin. »
- 31 juillet 1948 — Ses lectures d’été sur la plage : « je viens de tricoter en lisant les Actes des Apôtres et la lettre pastorale du cardinal Suhard sur Le Sens de Dieu ».
- 5 décembre 1948 — « Assisté à la grand-messe et aux Vêpres, ce qui a été pour moi une vraie joie, d’autant plus que j’ai pu arriver tout au début des Vêpres. »
- 2 juin 1949 — Une conversation qui la blesse, à la mort du cardinal Suhard : « certains prétendent qu’on nommera un archevêque socialiste, d’autres ont renchéri, déclarant que le Pape, étant… »
- 15 juin 1949 — Elle met ses notes de retraite au net avant de rentrer, entre deux cars, dans le parloir d’un collège.
- 23 juin 1949 — « Guère le temps de lire et de prier ; heureusement j’ai eu chaque matin ma messe et ma méditation ; c’est déjà beaucoup. »
- 19 mars 1950 — Après l’École missionnaire : « suis arrivée à mettre au net la plus grande partie de mes notes, directives et consignes rapportées de Luçon ».
- 20 avril 1950 — Deux anniversaires le même jour : « il y a vingt-quatre ans, j’avais le premier chagrin de ma vie de jeune femme et pleurais sur mes espérances évanouies… Il y a dix ans hier, nous condui… »
- 25 février 1951 — Une messe face au peuple, notée avec approbation : « un autel provisoire, face au peuple, ce qui associe tout de même bien davantage le p… »
- 7 juin 1951 — Une résolution notée en pleine page : « il faudrait, chaque jour, recueillir dans son cœur les petites joies, et aussi les grandes, que Dieu nous envoie, et les lui offrir, en hommage de reconnaissance, au lieu de gémir sur les ennuis qui peuvent nous arriver. »
- 12 septembre 1951 — « Une journée très remplie au cours de laquelle je n’ai pas eu le temps de prier et de me recueillir, et pourtant j’en aurais tellement besoin. »
- 30 décembre 1951 — « Un dimanche qui ne sera guère le jour du Seigneur, du moins quant à la prière. »
- 1er juin 1952 — En marge de la page, en tête : « À Jean et Bernard au ciel ».
- 3 juin 1952 — « Malgré toute notre peine, il faut vivre, vivre avec tous les souvenirs. Je reprends peu à peu le travail de la maison. »
- 12 octobre 1952 — « Je dors assez mal ces temps-ci, et les heures de nuit sont… »
- 1er novembre 1952 — La Toussaint : « aujourd’hui la fête de ceux que nous avons aimés, qui nous ont aimés, et nous ont précédés dans l’au-delà. C’est la fête de ceux qui sont heureux, d’un bonheur infini. »
- 20 février 1953 — « Il faudrait que ces journées de solitude — qui me sont tellement bienfaisantes — soient pour moi des journées de prière, mais je me laisse trop distraire. »
- 14 mai 1953 — L’Ascension : « c’est une fête que j’ai toujours beaucoup aimée, une fête dont tous les détails, tous les enseignements sont riches de sens. »
- 31 mai 1953 — La messe de communion solennelle, « célébrée pour les Combattants d’Indochine vivants et morts ».
- 27 mai 1954 — L’Ascension, relue par une mère qui a perdu un fils : « c’est la fête de l’espérance, l’espérance en la vie éternelle avec ceux que nous aurons retrouvés. »
- 14 novembre 1954 — Le 11 novembre : « il y a des choses que l’on comprend seulement quand on est passé soi-même par… »
- 19 décembre 1954 — Sa journée de repos manquée : « je n’ai pas eu la solitude dont j’ai besoin, et que je peux trouver ici ce jour seulement. Trop lu et pas assez prié, c’est d’ailleurs souvent cela. »