Axe : les guerres
Le dossier La guerre de 1939-1945 reprend ces faits avec la carte du conflit, la suite des événements et la critique de la source.
Au fil du journal
- 26 août 1939 — L’affichage de la mobilisation, vingt-cinq ans après celui d’août 1914 qu’elle a raconté en 1917 : « les journaux de ce matin ne donnaient pas trop de mauvaises nouvelles mais vers quatre heures ont été placardées des nouvelles affiches de mobilisation, on appelait les numéros 1, 4, 6 ; C’était une consternation générale ! »
- 1er septembre 1939 — Le premier jour : « Au communiqué de ce soir, on nous présente la situation comme extrêmement grave, mais non désespérée. »
- 8 septembre 1939 — Le départ des hommes du bourg : « Hier matin, ce matin, nous avons vu bien des hommes prendre l’autocar pour regagner leur régiment. »
- 10 mai 1940 — Une ligne : « Les Allemands sont entrés cette nuit en Belgique et en Hollande ! »
- 15 mai 1940 — Les réfugiés commencent d’arriver au Poiré : « quatre sont arrivés hier matin, sept hier soir, parmi ceux-là des petits enfants, une maman qui attend un bébé d’ici peu… d’autres sont attendus… »
- 18 mai 1940 — Ce que les réfugiés rapportent : « de petits enfants ont été abandonnés sur les routes, mitraillés par des avions allemands. »
- 20 mai 1940 — Le notaire du bourg, chargé de l’accueil : « ton Papa a dû se lever, un peu après minuit, pour en recevoir, et ne s’est couché qu’à 2 heures ; heureusement qu’il est là pour toutes choses, certains sont incapables, personne ne veut prendre de responsabilité. »
- 16 juin 1940 — Cinq mots : « Les Allemands sont à Paris ! »
- 27 juin 1940 — La formule qui date le basculement : « Le ravitaillement recommence à arriver, les courriers vont reprendre, ce sera une vie un peu plus normale, mais sous la botte. »
- 17 mai 1941 — Les bases de Syrie cédées à l’Axe, apprises par la radio suisse : « c’est une honte et nous sommes tous indignés… et angoissés. »
- 23 octobre 1941 — Les otages de Nantes, à cinquante kilomètres : « cinquante otages ont été fusillés, parmi eux des communistes, mais peut-être aussi des gens innocents. »
- 22 mai 1942 — Deux prisonniers indochinois morts au Poiré, veillés à la mairie : « les gendarmes allemands sont venus identifier les corps ; ils avaient avec eux un autre prisonnier, qui a reconnu ses camarades et a assuré que tous deux étaient catholiques, nous avons donc couvert ces deux pauvres corps d’un drap blanc et mis un Christ près d’eux. » Andrée fleurira leurs tombes chaque Toussaint jusqu’en 1954, après la mort de son fils en Indochine.
- 18 octobre 1942 — Le cantonnement allemand dans le bourg : « Jacques a eu l’agréable surprise de recevoir des Allemands venus préparer un cantonnement ; jusqu’ici nous avons réussi à préserver nos chambres, le nombre des enfants y aidant. »
- 29 novembre 1942 — Toulon : « appris avec stupeur que les troupes germano-italiennes avaient occupé Toulon, dernier refuge de l’armée française, et seul lambeau de notre pays qui soit jusqu’ici resté libre. »
- 25 décembre 1942 — Pas de messe de minuit : « les autorités d’occupation s’étant refusées à retarder l’heure du couvre-feu. »
- 16 mai 1943 — L’occupation s’aggrave : « cette fois, beaucoup plus exigeants, parce qu’il y a un état-major de bataillon et il leur faut beaucoup de bureaux, aussi réquisitions de pièces et même de maisons entières. »
- 26 septembre 1943 — Nantes bombardée deux fois en huit jours : « le jeudi soir, un second bombardement, plus terrible encore que celui de la semaine précédente, anéantissait des quartiers entiers. »
- 5 mars 1944 — Les écoles réquisitionnées : « Nous recevons mardi un nouveau contingent d’Allemands, j’ai dû donner une chambre, mais le pire est que les écoles sont prises ; où loger les pauvres enfants ? »
- 9 mai 1944 — Les visites aux fermes, et ce qu’on y lit ensemble : « il faut voir les gens de la campagne « chez eux », visiter leur intérieur, leurs étables, s’intéresser à leurs préoccupations, causer de bien des choses, lire avec eux la dernière lettre du fils requis… »
- 9 juillet 1944 — La guerre à quelques kilomètres : « bombardement de la ligne de Nantes entre La Roche et Belleville ; une bombe, que j’ai très bien vue descendre, est tombée à la Faucherie, où d’ailleurs elle n’a pas éclaté. »
- 27 août 1944 — Paris libéré, le Poiré non : « le drapeau français flotte à nouveau sur Paris… En attendant, nous sommes toujours ici sous la coupe des Allemands, qui détruisent tout et font sauter les ponts… et interdisent même de circuler dans la campagne, sous peine d’être traité comme terroriste, mais tout le monde circule. »
- 31 août 1944 — Une réquisition refusée : « Le matin, les Allemands sont venus réclamer d’abord une auto puis la liste des autos du pays ; devant le refus de Jacques, ils sont partis furieux, et sont revenus le soir nous réquisitionner trois pneus de la grosse voiture. »
- 10 septembre 1944 — La situation de la Vendée à l’automne 1944 : « nous sommes dans une situation paradoxale : les Anglo-américains en Belgique, en Hollande et les Allemands chez nous ; il en reste beaucoup, paraît-il, à Saint-Nazaire, à La Rochelle. »
- 15 octobre 1944 — Le courrier revient, et avec lui les nouvelles de dix semaines : « depuis une semaine les cartes ouvertes circulent dans toute la France… cela nous a valu une avalanche de courrier. » Dans le lot, un massacre : « les Allemands ont incendié un petit village des environs et massacré 125 personnes. »
- 24 décembre 1944 — Le Noël de l’offensive des Ardennes : « Et tous ces requis, ces déportés dont nul n’a de nouvelles depuis longtemps, que tout cela est terrible ! »
- 22 avril 1945 — Les camps : « La radio donne des détails effarants sur la façon dont les détenus politiques étaient traités. » Une phrase, dans une entrée qui parle aussi de la Symphonie inachevée entendue à la radio.
- 8 mai 1945 — Le camp de concentration entre dans le journal par un nom connu d’elle, et c’est celui d’un prêtre : « l’Abbé Arnaud, professeur de philo à Richelieu, qui avait fait la classe à Jean encore au début de l’année dernière ; il était dans un camp du côté du Danemark et a été tué à coups de bâton dans le courant de l’hiver, avant de l’assassiner, on lui a fait creuser sa fosse. »
- 8 mai 1945 — Le 8 mai, entendu par le poste d’un voisin : « J’ai entendu, grâce à un poste de radio qui se trouvait non loin de là, les hymnes nationaux, puis les sirènes ont annoncé la fin de la guerre, puis les cloches ! »
- 11 novembre 1945 — Six mois après : « La France ne reprend pas comme nous l’avions espéré… le pire de tout est l’angoisse au sujet de l’avenir. »