Axe : l’information et l’opinion

Au fil du journal

  • 28 août 1939 — Quatre jours avant la guerre, la censure est déjà nommée : « Les nouvelles les plus alarmantes et quelquefois les plus invraisemblables circulent, on s’affole et l’on ne réfléchit pas que les choses les plus affolantes sont précisément celles qui ne sont pas annoncées, car la censure joue déjà pour les journaux et les émissions de TSF. » Andrée y formule une règle de lecture : le silence est l’indice.
  • 24 septembre 1939 — La propagande allemande en langue française, décrite avec ses effets de voix : « La radio allemande lance des émissions en français destinées manifestement à nous émouvoir et à brouiller la France avec l’Angleterre ; ils nous annoncent pour ce soir avec quelques trémolos dans la voix « Une page tragique de l’histoire de France….Fachoda » ! »
  • 24 septembre 1939 — Et la radio italienne : « la speakerine de 7 heures du soir est à nouveau agressive. »
  • 16 mars 1940 — Le ton d’une station comme information sur la situation : « La radio allemande exulte, les pays scandinaves se réjouissent d’avoir échappé à la guerre, alors que leur tour pourrait bien venir un jour !… »
  • 1er janvier 1941 — Le silence comme acte : « La radio française et les journaux gardent le silence autour du discours de Roosevelt. »
  • 20 février 1941 — La presse démentie par le panier de la ménagère : « tout le monde en réclame et pourtant les journaux prétendent que le ravitaillement est un peu moins difficile, il est vrai que certains ramassent tout ! » Le même jour, elle emballe des poulets pour Paris.
  • 19 avril 1942 — La nouvelle politique majeure passe par la Suisse, pas par Vichy : « hier soir, la radio suisse a annoncé que le Maréchal, tout en restant chef de l’état, se démet au profit de Laval de ses fonctions de chef du gouvernement. »
  • 29 avril 1945 — La prudence conservée jusqu’au bout : « la Radio prétendait à midi, mais peut-être est-ce un faux bruit, que Mussolini avait été arrêté et fusillé. »
  • 2 mai 1945 — Et le lendemain, sur la source la moins fiable de toutes : « La Radio allemande annonce la mort d’Hitler, est-ce vrai ou s’est-il caché ? »
  • 16 mai 1954 — Douze ans plus tard, le même réflexe appliqué à une autre guerre : « la radio du Vietminh a annoncé que le général de Castries a été fait prisonnier, mais ne parle pas de Geneviève de Galard. » Elle retient autant ce que la source tait que ce qu’elle dit.