Les 50 lieux que le journal nomme sans qu’Andrée s’y rende, de 1917 à 1954. Le trait qui traverse la carte va toujours du Poiré-sur-Vie au lieu dont il est question ce jour-là, et la barre du bas en donne la longueur.
C’est le complément de la carte des déplacements, qui ne porte, elle, que les lieux où Andrée a mis les pieds.
Quatre géographies s’y superposent. 1914-1918 tient dans le quart nord-est de la France, plus la Belgique : quatre à six cent cinquante kilomètres, la portée du communiqué du matin. Une seule exception, et elle est instructive : Vladivostok, cité le 5 août 1918 dans le même communiqué que Fismes.
Les années trente déplacent le centre de gravité vers les capitales : Berlin, Rome, Vienne, Munich. Ce ne sont plus des champs de bataille mais des lieux de décision, et le journal les suit heure par heure en septembre 1938.
1939-1945 rapproche tout. Nantes est à cinquante kilomètres, Saint-Nazaire à quatre-vingts, Lorient à cent quatre-vingts, et les trois s’entendent depuis la maison. C’est la seule guerre du journal qui soit à portée d’oreille.
L’Indochine rompt l’échelle : neuf mille trois cents kilomètres jusqu’à Diên Biên Phu, neuf mille cinq cent soixante jusqu’à Hanoï où le corps de Jean Dugast reste huit mois. La carte devient alors ce qu’elle était pour sa mère : l’objet posé sur la table, le 14 octobre 1951, pour « arriver à le repérer ».