Axe : les guerres

Le dossier La menace qui monte reprend ces faits avec la carte du conflit, la suite des événements et la critique de la source.

Au fil du journal

  • 19 mars 1933 — Première fois que la guerre à venir entre dans le journal : « les événements extérieurs ne sont pas rassurants, et la menace d’une guerre pèse sur l’Europe, ce serait quelque chose d’effroyable et on ne peut assez prier pour demander à Dieu d’éloigner de nous ce cauchemar ! » La phrase suit immédiatement une inquiétude sur l’oreille de sa fille.
  • 8 février 1934 — Le 6 février lu depuis la Vendée, et lu avec méfiance : « on avoue une vingtaine de morts et de nombreux blessés, ce sont les chiffres officiels, peut-être loin d’être exacts ! »
  • 11 février 1934 — Le cabinet d’union nationale recensé nom par nom : « nous voyons Pétain à la Guerre, Tardieu et Henriot comme ministres d’état, Barthou aux Affaires étrangères, Marin à la Santé publique. »
  • 27 juillet 1934 — L’assassinat de Dollfuss, appris par la radio avant les journaux : « une bande de Nazis s’est emparée à Vienne de la chancellerie, ils ont blessé mortellement le chancelier Dollfuss et l’ont laissé pendant plusieurs heures sans aucun soin, lui refusant même l’assistance d’un prêtre… C’est un assassinat monstrueux, commis certainement à l’instigation d’Hitler, et qui a révolté toute l’Europe. »
  • 27 juillet 1934 — Dans la même entrée, une phrase seule : « Il y aura bientôt vingt ans qu’éclatait la guerre ! »
  • 11 novembre 1934 — Seize ans après l’Armistice : « j’ai prié pour les morts de la guerre… pour que nos petits ne connaissent jamais les horreurs que leur papa a connues. »
  • 17 mars 1935 — Le réarmement allemand : « l’Allemagne dénonce le Traité de Versailles et institue le service militaire obligatoire, encore cette menace de guerre qui nous fait toujours trembler. »
  • 15 mars 1936 — La Rhénanie, et la question posée sans détour : « Voilà huit jours, l’Allemagne a dénoncé le traité de Locarno et occupé la zone démilitarisée du Rhin… Allons-nous céder une nouvelle fois devant la menace allemande et accorder à Hitler tout ce qu’il veut ? »
  • 15 mars 1936 — La même semaine, au cinéma pour « l’Équipage » : « à la vue de ces scènes de guerre, quelle angoisse… » Et, devant les images d’archives : « quelle tristesse aussi, devant les scènes d’enthousiasme de l’Armistice, à la pensée d’une victoire si chèrement acquise et dont nous n’avons pas su profiter. »
  • 22 mars 1936 — Le calcul des alliances, une semaine plus tard : « il semble bien qu’en cas de guerre nous aurions l’Angleterre et l’Italie avec nous. »
  • 5 avril 1936 — Au bord d’un ruisseau, avec les enfants qui pêchent : « il y avait sur toutes choses une telle douceur, une telle joie, une telle paix que je me demandais comment il peut se faire que dans les chancelleries, on discute si nous aurons ou non la guerre ! »
  • 26 juillet 1936 — La guerre d’Espagne, lue dans la presse catholique et du côté des insurgés : « Les journaux sont terrifiants ces jours-ci ! il y a la guerre civile en Espagne, les éléments restés sains se sont révoltés contre la dictature communiste ! »
  • 6 septembre 1936 — Six semaines plus tard : « Les journaux sont effroyables à lire à cause des événements d’Espagne, le sang coule à flots là-bas, et les atrocités commises par les rouges se multiplient. » Le journal ne rapporte que les atrocités d’un camp : c’est ce que sa presse lui donne à lire.
  • 2 janvier 1938 — Le bilan du 1er janvier 1938, en une phrase : « L’Espagne et la Chine en feu, l’Allemagne menaçante et partout des grèves ou des menaces de grève, un vent de révolution partout !… »
  • 28 septembre 1938 — L’ultimatum : « Hitler a annoncé que les troupes allemandes rentreraient en Tchécoslovaquie le 1er octobre ; le président Roosevelt envoie message sur message pour le déterminer à la paix ; Chamberlain essaie de tenter de nouvelles négociations. »
  • 29 septembre 1938 — L’entrée de Munich est écrite en deux fois, le jeudi matin, puis « Vendredi 10 heures » : « Nous avons suivi hier toute la journée, heures par heure, les entretiens de Munich, dans l’attente anxieuse du résultat… Vers 10 heures et demie est arrivée une communication de Munich annonçant officieusement qu’un accord était conclu. » Le journal enregistre l’attente elle-même, pas seulement son issue.
  • 1er octobre 1938 — Le lendemain, sur le soulagement général : « enthousiasme chez tous les peuples, chacun s’imagine que la paix est due à son « Premier », cela n’a pas d’importance, pourvu que nous la tenions. »