Une page seule, conservée hors des cahiers : un dimanche de conserves, Jean endormi à côté. Elle correspond au 6 juillet 1929, dont le cahier de cette année-là garde par ailleurs la trace — voir le journal de 1929. Le corpus ne dit pas pourquoi ce feuillet a été retranscrit à part.

Texte recopié tel quel, sans correction d’orthographe ni de ponctuation.


Dimanche 6 juillet 1929

Jean ne va pas tarder à se réveiller… j’ai été prise depuis le déjeuner et n’ai pas eu de temps à moi, Jacques m’a apporté hier de la Roche des abricots à mettre en conserve… j’en ai fait stériliser un bocal ce matin, et viens de passer de la marmelade qui refroidit maintenant, et que je mettrai en bocaux ce soir… c’est maintenant la saison des conserves, cela donne un peu de peine, mais il sera agréable de varier les menus cet hiver et en attendant, j’ai du plaisir à contempler mon régiment de bocaux bien alignés, le vert jade des petits pois, la blancheur neigeuse des choux-fleurs, la pourpre des framboises, le rouge sombre et poli comme du marbre de la marmelade d’abricots, la bigarrure de la macédoine de légumes, maintenant ce sera les haricots verts ; les confitures aussi ont eu leur part, cette semaine j’ai fait de la gelée de groseilles et de framboises, rose et jolie à merveille…